Abertis mise sur son acquisition au Brésil pour faire face à la crise
En finalisant le rachat du brésilien OHL, Abertis assoit sa place de premier opérateur autoroutier mondial, avec 7.300 kilomètres sous gestion, devant l’italien Atlantia (5.000 kilomètres) et le français Vinci Autoroutes (4.300 kilomètres).
Le groupe espagnol et le fonds d’infrastructure Brookfield viennent d’acquérir respectivement 51% et 49% du holding Participes, propriétaire de 60% d’OHL. Dans un premier temps, Abertis a acquis 100% de Participes en échange de 10% de son capital (via des actions auto-détenues) et de 11 millions d’euros en numéraire, tout en reprenant les 504 millions d’euros de dettes. Dans un second temps, Abertis a transféré à Brookfield 49% de Participes et 49% de la dette, contre 362 millions d’euros en cash et 0,8% du capital d’Abertis, que Brookfield avait acquis auparavant. Désormais OHL est un actionnaire de référence d’Abertis avec 15% du capital, derrière la Caixa (30%).
Conformément à la loi, Abertis et Brookfield vont lancer une OPA sur le solde du capital d’OHL. Ces 40% valaient en Bourse hier autour de 940 millions d’euros. L’offre se fera au même prix et avec la même structure (deux tiers en titres et un tiers en cash).
Parallèlement au rachat de ces neuf concessions au Brésil (3.200 kilomètres), Abertis va reprendre les autoroutes chiliennes d’OHL, soit 343 kilomètres sous concession, pour 204 millions d’euros. L’opération sera financée par un prêt sans recours au Chili.
Les acquisitions brésilienne et chilienne vont accroître le chiffre d’affaires d’Abertis de 1 milliard d’euros à environ 5,1 milliards en 2013, et son Ebitda de 535 millions, à 3,1 milliards, alors que le consensus Bloomberg tablait respectivement sur 4,4 milliards et 2,7 milliards pour l’an prochain. Dès 2013, Abertis dégagera plus de 60% de son Ebitda hors d’Espagne (dont 32% en France, 15% au Brésil et 8% au Chili), contre 50% auparavant. Une bonne nouvelle alors que le trafic autoroutier d’Abertis en Espagne a reculé de 6,5% en 2011 et de 9,1% au premier semestre 2012.
La structure financière d’Abertis sera également renforcée avec un ratio dette nette sur Ebitda qui passera de 6 en 2009 à 4,7 en 2013, soit une dette nette de 14,6 milliards. Les cessions de ces deux dernières années, dont 1,7 milliard en 2012 (23% d’Eutelsat et 15% de Brisa) et les 1,56 milliard d’euros de cash-flow sur la période ont permis de réduire la dette du groupe de 1,9 milliard.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs