AbbVie n’a pas renoncé à améliorer une nouvelle fois son offre sur Shire
Dans un secteur pharmaceutique en pleine recomposition, Shire présente la particularité d’avoir un capital non verrouillé et d’être une société d’origine britannique domiciliée en Irlande, ce qui augmente a priori la probabilité d’en faire une proie compte tenu de la fiscalité favorable de ce pays. En témoigne le rachat annoncé voici une semaine de Covidien, également immatriculé en Irlande, par l’américain Medtronic pour 42,9 milliards de dollars dans les équipements médicaux.
Or Shire a indiqué vendredi avoir refusé la dernière offre de rachat qu’il a reçue début mai de l’américain AbbVie, qui le valorisait environ 46,5 milliards de dollars (33,8 milliards d’euros).
Le conseil d’administration de Shire a jugé à l’unanimité que cette troisième offre «sous-évaluait fondamentalement l’entreprise et ses perspectives», le laboratoire anticipant «un doublement de son chiffre d’affaires à 10 milliards de dollars d’ici 2020». Cette offre prévoyait le versement en numéraire de 20,44 livres par action, plus un échange de titres sur la base de 0,7988 action AbbVie pour chaque action Shire, soit un prix indicatif de 46,26 livres. L’action Shire a terminé la séance sur un bond de 16,9% à 43,71 livres à Londres, sa plus forte progression journalière depuis plus de 7sept ans.
Scindé l’an dernier d’Abbott Laboratories, AbbVie a précisé qu’aucune discussion n’était actuellement en cours entre les deux groupes. Mais le groupe américain «reviendra probablement avec une nouvelle offre mais il ne devrait pas être en mesure de payer beaucoup plus», juge le bureau d’analyse de Sanford Bernstein à New York. Selon Bloomberg qui se réfère à des sources proches du dossier, AbbVie envisage de soumettre une nouvelle offre directement aux actionnaires de Shire dès cette semaine, sur laquelle le groupe américain aurait l’intention de communiquer de façon large.
Environ 40% du chiffre d’affaires de Shire provient du traitement du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Il commercialise aussi des traitements de maladies ou troubles génétiques rares et développe un portefeuille de traitements ophtalmologiques.
Outre l’intérêt fiscal, le rachat de Shire permettrait à AbbVie de diversifier son offre de produits et son profil de risque, puisque 57% de son chiffre d’affaires provenait l’an dernier de son médicament Humira, anticorps monoclonal utilisé contre la polyarthrite rhumatoïde.
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