ABB refuse de céder à la pression d’activistes
ABB entend poursuivre sa transformation sans provoquer de rupture sur son périmètre d’activités. Lors d’une journée investisseurs, le groupe industriel helvétique a annoncé hier qu’il ne scinderait pas sa division Power Grids, en expliquant que son activité dans les réseaux électriques était positionnée sur un «marché attractif» et qu’elle pourrait tirer parti du «tournant énergétique», grâce notamment à la révolution numérique. Il vient de signer à cet effet un partenariat avec Microsoft dans l’informatique dématérialisée.
Ce maintien vient contrecarrer les positions du fonds activiste suédois Cevian Capital qui, avec environ 6% du capital d’ABB, a manifesté à plusieurs reprises le souhait d’une scission de Power Grids, valorisée environ 11,6 milliards de dollars (10,3 milliards d’euros). D’autres actionnaires comme le fonds américain Artisan ou Nordea Asset Management lui avaient emboîté le pas, arguant qu’une séparation serait créatrice de valeur. Cevian a jugé «malheureuse» la décision d’ABB, alors que la société d’investissement suédoise Investor, son premier actionnaire avec 10,5% du capital, a approuvé ce choix.
Power Grid fait néanmoins l’objet d’une réorganisation destinée à renforcer sa croissance et sa rentabilité. Deux partenariats ont été conclus à cet effet, l’un avec l’américain Fluor dans les réseaux électriques et l’autre avec le norvégien Aibel dans l'éolien offshore. ABB a également relevé de 200 points de base l’objectif de marge opérationnelle avant survaleurs de cette division, attendue entre 10% et 14% à l’horizon 2018, contre une marge de 7,5% dégagée l’an dernier.
ABB a en outre augmenté de 30% à 1,3 milliard de dollars son objectif d’économies découlant d’une meilleure productivité entre 2014 et 2017. Soucieux de ménager ses actionnaires, il a annoncé le lancement d’un deuxième programme de rachat d’actions de 3 milliards de dollars sur la période 2017-2019, un niveau «légèrement inférieur aux attentes», selon Citigroup. Entre 2014 et 2016, il aura versé au total 8,7 milliards de dollars à ses actionnaires, dont 5,2 milliards sous forme de dividendes et 3,5 milliards via des rachats d’actions.
Ayant confirmé ses objectifs financiers à l’horizon 2020, le groupe compte poursuivre une politique de croissance externe sélective et renforcer sa notoriété en intégrant en deux ans plus de 1.000 marques sous l’appellation ABB. Le cours de l’action a gagné hier 1,36% à 22,28 francs suisses.
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