ABB profite de la force du franc suisse pour se renforcer aux Etats-Unis
ABB s’appuie sur la force du franc suisse pour renforcer sa présence aux Etats-Unis. En annonçant hier l’acquisition de Thomas & Betts (T&B) pour 3,9 milliards de dollars, le géant de la fabrication de composants électroniques zurichois signe non seulement une «acquisition qui fait sens» selon Oddo Securities, mais prouve également qu’opérer sur un marché dont la devise est forte confère des avantages stratégiques.
Avec une offre d’achat de 72 dollars par action, ABB s’est permis le luxe de servir une prime de 24% par rapport au cours de clôture de sa cible vendredi et de 35% par rapport au cours moyen pondéré des 60 dernières séances. «Le prix payé valorise T&B sur la base d’un ratio valeur d’entreprise sur bénéfice d’exploitation (VE/Ebit) 2012 de 10,9 fois, soit une prime de l’ordre de 15% sur le secteur, ce que nous ne jugeons pas excessif», estime Oddo Securities.
L’opération reste soumise au feu vert des actionnaires de T&B et des autorités de la concurrence. Un prêt-relais de 4 milliards de dollars a été contracté auprès de Bank of America pour honorer la transaction. Il sera remboursé en numéraire et par émission de dette, avec une proportion qui sera déterminée par le cash-flow et la politique de dividende.
L’opération devrait générer 200 millions de dollars de synergies annuelles à l’horizon 2016. «L’acquisition vient renforcer la division de produits à basse tension d’ABB (5,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires) et, surtout, la faible exposition du groupe à l’Amérique du Nord (16% du chiffre d’affaires)» estime Oddo Securities. T&B a réalisé 2,3 milliards de dollars de ventes en 2011 et un Ebitda de 390 millions, soit une marge de 12,6%. Avec ce rachat, ABB entend doubler son volume de ventes sur le marché nord-américain de la basse tension, estimé à 24 milliards de dollars. Le groupe suisse a précisé que les acquisitions réalisées pourraient doper le chiffre d’affaires de 3% à 4%.
Et ABB ne compte pas s’arrêter là. Après l’acquisition en janvier 2011 de Baldor Electric pour 4,2 milliards de dollars, le groupe aurait terminé 2011 avec une situation de trésorerie nette de 2,9 milliards, et son ratio endettement net/Ebitda restera modéré à 0,6 après cette transaction, contre -0,2 auparavant. Joe Hogan a indiqué hier qu’entre 2011 et 2015 ce seront entre 9 et 18 milliards qui seront investis dans la croissance externe.
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