AB Science franchit une étape importante pour sa molécule phare
Cotée depuis avril 2010 sur le compartiment B d’Euronext Paris, la société pharmaceutique AB Science a remporté une victoire réglementaire importante pour le développement du masitinib, sa molécule phare, dans le traitement du cancer gastro-intestinal résistant au Glivec commercialisé par Novartis.
L’Agence européenne du médicament a en effet accepté d’examiner la demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) de ce médicament candidat, sur la base des résultats d’une étude clinique en phase II.
Ces résultats montrent que le traitement administré «améliore significativement la survie globale des patients» par rapport au Sutent de Pfizer, qui constitue à l’heure actuelle le traitement de référence en deuxième ligne de cette maladie. «Aucun patient sous masitinib n’a signalé d’effet indésirable grave lié, comparé à 19% des patients traités par le Sutent», souligne le groupe dans son communiqué.
Les investisseurs ont salué cette avancée en faisant gagner à l’action plus de 11% vendredi à 11,5 euros, le titre ayant plus que doublé en un an. Malgré une perte nette de 5,8 millions d’euros au premier semestre, la capitalisation boursière du groupe atteint désormais 363 millions.
Selon les analyses de Portzamparc, cette décision, prise sur la simple présentation des données cliniques de Phase II, ne préjuge pas d’une acceptation de commercialisation. Mais elle est suffisamment rare pour que cela constitue «un bon signal», en prouvant que les résultats cliniques présentés sont «de bonne qualité en termes d’efficacité et d’innocuité». Il s’agit de la dernière étape avant la décision de commercialisation «qui devrait être prise d’ici un an», ajoute le courtier Aurel BGC. Le marché mondial du cancer gastro-intestinal, qui représente 700 millions d’euros, devrait croître de 2% par an d’ici à 2020.
En concentrant ses efforts de R&D sur une molécule qui, en ciblant certaines cellules du système immunitaire, est susceptible d’avoir plusieurs indications thérapeutiques, le groupe peut générer des économies d’échelles sur le coût des études réalisées. En oncologie, le programme de développement du masitinib comprend quatorze études cliniques, dont cinq en phase III et neuf en phase II.
La molécule, déjà enregistrée en médecine vétérinaire, fait également l’objet d’évaluations en phase III dans la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde ou l’asthme permanent sévère.
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