A l’assaut de Draka, Prysmian veut prendre Xinmao de court
Parole tenue. Comme il l’avait annoncé mi-décembre, le groupe italien Prysmian se propose de racheter le néerlandais Draka. A compter de ce matin et jusqu’au 3 février, il offre 8,60 euros en numéraire et 0,6595 nouvelle action Prysmian pour chaque action Draka, selon le prospectus mis en ligne hier soir. Une combinaison qui valorise le groupe d’Amsterdam près de 840 millions d’euros, soit un niveau inférieur à sa capitalisation boursière actuelle (942,6 millions d’euros). L’action Draka a clôturé hier soir en légère progression de 0,21% à 19,34 euros.
Un montant plus faible également que l’offre dévoilée en novembre par le chinois Xinmao. A 20,50 euros par action, sa surenchère entièrement en cash frôle le milliard d’euros. Mais l’accueil plutôt sceptique qui lui a été réservé en Europe, du fait de son inexpérience internationale, et la configuration actuelle du calendrier ne plaident guère en sa faveur. De fait, Prysmian n’a pas ménagé ses efforts. Il a non seulement obtenu le soutien du conseil d’administration, du conseil de surveillance et du comité de groupe mais également le feu vert des autorités de régulation néerlandaise et italienne.
Le tour de force de Prysmian a par ailleurs consisté à emporter l’adhésion de Flint Beheer, l’un des principaux actionnaires de Draka. Le fonds de la famille Fentener qui contrôle 48,5% du capital s’est en effet engagé à souscrire à l’offre. Une assemblée générale extraordinaire des actionnaires de Prysmian se réunira le 21 janvier afin d’autoriser l'émission de nouvelles actions. Goldman Sachs, Leonardo et Mediobanca conseillent Draka sur cette opération, tandis que Prysmian s’est adjoint les services de JPMorgan.
C’est donc une course contre la montre à laquelle fait face Xinmao. Le groupe, qui assure avoir reçu le soutien financier de Minsheng Bank à hauteur de 1,1 milliard d’euros, presse les régulateurs chinois de l’autoriser à lancer son offre. Avant que Prysmian ne lance la première salve, Xinmao avait assuré qu’il soumettrait une offre d’ici le 14 février.
De son côté, l’administrateur délégué de Prysmian, Valerio Battista, affiche sa confiance. Il estime que l’offre du groupe milanais se rapproche des 19 euros par action si l’on prend en compte les 100 millions d’euros de synergies annuelles qui devraient résulter du rapprochement avec Draka.
Plus d'articles du même thème
-
Les actifs financiers saluent les résultats des «midterms»
La large victoire démocrate tend à diminuer les risques d’un conflit trop long en Iran, donc de cours du pétrole durablement élevés, avec les conséquences positives que cela pourrait avoir sur les taux, et par ricochet sur les actions. Les risques de persistance du déficit budgétaire américain sont occultés. Pas les possibles rééquilibrages sectoriels. -
Le coût de financement obligataire s’envole pour Meta
La maison mère de Facebook a placé 15 milliards de dollars et 9 milliards d’euros d’obligations au cours des deux derniers jours. La demande a été importante grâce à des concessions élevées sur le coût du financement, notamment pour la transaction inaugurale en euro. -
Les PMI chinois sont en repli en octobre
Contrairement aux attentes, l’indice PMI RatingDog de la Chine pour les services recule, un phénomène nouveau qui suggère que l’activité n’est pas aussi dynamique qu’elle semblait l’être.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
EditorialLeçons américaines pour la France
L’ampleur de la défaite de Donald Trump permet de tirer quelques enseignements pour nos échéances à venir -
Sans filtreEmmanuel Macron vu par Françoise Degois : les SMS d’un président en détresse
Dans « Vous êtes tous trop durs avec moi » publié chez Robert Laffont, l’éditorialiste dévoile deux années d’échanges privés avec un Emmanuel Macron déterminé à défendre son bilan, envers et contre tous ceux qui l'ont abandonné -
Feu vertUne primaire de la droite ne changera rien aux comptes de campagne des candidats
Qu'elle soit ouverte ou fermée, une primaire ne répond pas aux mêmes règles de financement politique. Rien ne dit pour autant que le vainqueur d'un tel scrutin se verrait imputer les dépenses de ses concurrents