Warren Buffett vante les mérites du tandem pour Berkshire Hathaway
Si le nom du successeur de Warren Buffett à la tête de Berkshire Hathaway reste un secret bien gardé depuis plusieurs années, le «sage d’Omaha» a livré samedi quelques commentaires sur le «style» de gouvernance qu’il souhaiterait voir appliqué après son départ. A l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires du holding à Omaha (Nebraska), le PDG âgé de 83 ans a vanté les mérites du tandem qu’il forme avec le vice-président Charles Munger, 90 ans. «Berkshire s’en est mieux tiré car nous avons tous les deux travaillé ensemble», a-t-il assuré. En mars dernier, Warren Buffett avait qualifié de «grave erreur» la décision d’investir dans des obligations d’Energy Futures sans l’avis de Charles Munger. Le groupe texan a fait faillite le mois dernier.
A la tribune, Charles Munger a lui aussi vanté les mérites de ce partenariat. Le vice-président a estimé que Warren Buffett ne devait pas d’excuse à ses actionnaires pour avoir raté l’un de ses objectifs : faire mieux que le S&P 500 sur une période de cinq ans. Dans son courrier de mars, le PDG a estimé que la performance devait plutôt être mesurée à l’aune des cycles du marché boursier. Or, Meyer Shields, analyste de Keefe, Bruyette & Woods, relève que cette expression «cycle du marché boursier» n’est pas apparue à une seule reprise dans la communication de Warren Buffett ces dernières années. Une évolution de langage qui soulève des interrogations en matière de transparence. La valeur comptable de Berkshire a augmenté de 2,6% au premier trimestre pour s'établir à 138,42 dollars.
De transparence, il en a également été question ce week-end à propos des rémunérations. Alors que Berkshire s’est abstenu de voter contre un plan de rémunération jugé pourtant excessif chez Coca-Cola, par souci de ne pas déclencher une guerre, le groupe veut garder profil bas en ce qui le concerne. Selon Warren Buffett, publier la rémunération des principaux responsables de la société d’investissement pourrait être néfaste pour les actionnaires. Le PDG estime que cette transparence contrainte serait de nature à favoriser un sentiment de jalousie au sein de l'état-major, ce qui aurait pour effet d’entraîner une hausse des rémunérations. Pour Charles Munger, cette politique va jusqu'à favoriser une «culture de l’envie aux Etats-Unis».
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