Une nouvelle génération de boutiques s’invite à la table des grandes M&A

La structure des frères Zaoui vient de conseiller coup sur coup Lafarge et Glaxo. D’autres maisons de création récente profitent du rebond des transactions
Alexandre Garabedian

On ne sait si Michael et Yoël Zaoui ont prévu un jour d’introduire en Bourse leur boutique de conseil en fusions et acquisitions, comme vient de le faire Ken Moelis avec la sienne aux Etats-Unis. Mais les deux frères, qui collectionnaient les mandats du temps où ils officiaient respectivement chez Morgan Stanley et Goldman Sachs, auraient quelques arguments à faire valoir.

Depuis la création de Zaoui & Co en janvier 2013, qui emploie moins d’une dizaine de collaborateurs, le tandem aligne une série impressionnante de «deals». Il vient de conseiller, avec la banque Lazard, le laboratoire britannique Glaxo dans ses opérations d’échanges d’actifs annoncées avec Novartis en début de semaine pour une valeur d’au moins 23 milliards de dollars. Les frères Zaoui ont aussi épaulé, avec une autre maison indépendante, Rothschild, le cimentier Lafarge dans ses discussions pour une fusion entre égaux à 29 milliards d’euros avec le suisse Holcim. Juste avant ce fructueux mois d’avril, ils avaient prêté main forte à la famille Bettencourt Meyers lors du rachat par L’Oréal d’une participation de 8% de Nestlé à son capital.

Aux côtés de maisons comme Lazard et Rothschild qui n’ont plus rien de «boutiques», et de structures déjà établies comme Perella Weinberg ou Greenhill, une nouvelle génération d’indépendants en M&A se fait sa place sur le marché des grandes transactions. Paul Taubman, autre vieux routier des fusions acquisitions chez Morgan Stanley qui a dû se résoudre à voler de ses propres ailes en 2012 après une lutte de clans au sein de la banque, planche sur l’offre à 45 milliards de dollars de Comcast sur Time Warner Cable. Il avait même fait son entrée dans le «top 10» mondial en 2013 du simple fait de sa présence, aux côtés de Verizon, lors du rachat des 45% de Vodafone dans Verizon Wireless.

A Londres, Simon Robey, lui aussi ancien de Morgan Stanley, et Simon Warshaw, ex-UBS qui a planché sur la transaction Verizon/Vodafone, viennent également de monter leur boutique. Ils comptent déjà à leur actif le mandat de Vodafone pour son offre sur le câblo-opérateur espagnol Ono. L’effervescence du secteur des médias et télécoms facilite d’ailleurs les velléités d’indépendance des banquiers d’affaires.

LionTree, une maison new-yorkaise créée par deux anciens d’UBS, compte parmi ses bons clients Liberty Global, qu’elle a accompagné lors du rachat de Virgin Media.

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