Un semestre à sensations sur les marchés
Le bilan du premier semestre sur les marchés financiers aurait pu être pire sans l’intervention massive des banques centrales. Au deuxième trimestre, les trente-huit actifs suivis par les stratégistes de Deutsche Bank ont fini dans le vert (13 seulement au premier trimestre). Ainsi, les marchés actions ont-ils connu en l’espace de six mois le krach puis le rebond le plus rapide de leur histoire. A Wall Street, l’indice S&P 500 a regagné 20,5% au deuxième trimestre, sa meilleure performance depuis le quatrième trimestre 1998, après sa pire chute depuis fin 2008 au premier trimestre (-34%).
Les investisseurs parient clairement sur une reprise en V. Une opinion trop optimiste selon les experts du FMI qui prévoient une contraction du PIB mondial de 4,9% en 2020. «L’action des banques centrales a si bien fonctionné qu’elle a déconnecté les valorisations des marchés du contexte économique», constatent les gérants d’Edram qui jugent acquis le soutien des banques centrales pour les prochains mois. «Notre scénario économique de reprise ne permet pas d’extrapoler la contribution positive du cycle économique à la revalorisation des actifs», préviennent-ils. Ce d’autant que les entreprises vont entrer dans ce cycle avec des niveaux d’endettement plus élevé.
La performance sur le premier semestre reflète d’ailleurs une discrimination entre actifs, car l’incertitude sur les perspectives économiques n’a pas diminué. «Le rallye des actions a été scindé entre les grandes capitalisations de croissance et le reste du marché qui n’intègre pas le scénario d’une reprise cyclique», notent les stratégistes de Deutsche Bank. Cela se traduit aussi par des performances divergentes entre marchés, au détriment de l’Europe mais surtout des marchés émergents. L’or, qui fait office de valeur refuge, affiche la meilleure performance cette année. Le pétrole accuse en revanche la pire malgré son rebond au deuxième trimestre (+81% pour le Brent).
«Les rendements souverains ont nettement chuté en réponse aux taux plus bas et à la recherche d’actifs refuges par les investisseurs. Nous n’anticipons pas de changement majeur sur les taux, ce qui est un défi majeur pour les investisseurs qui doivent délivrer du rendement », affirme-t-on chez UBS. Cette recherche de rendement a profité aux obligations d’entreprises. Le marché primaire a repris, permettant aux entreprises de se refinancer à nouveau via ce canal et aux spreads de se resserrer, y compris dans le high yield. Pour le second semestre, si les actions continuent d’avoir la faveur des investisseurs, d’aucuns s’interrogent sur la soutenabilité du rebond.
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