Un quart des groupes sous LBO en Europe pourraient faire défaut d’ici 2015
L’Europe est-elle à l’aube d’une vague de défauts? C’est en tous cas ce que redoute Moody’s. Dans un rapport publié hier, l’agence met en garde contre l’arrivée à maturité d’ici 2015 de 133 milliards d’euros de dettes liées à des rachats à effet de levier (LBO) pour 254 entreprises non notées, dans un contexte de faiblesse de l’économie européenne et de la qualité de crédit de ce type de dettes. «Au moins un quart de ces entreprises pourraient faire défaut, avec un chiffre qui doublerait si le marché des obligations à haut rendement était bloqué pendant des périodes étendues en raison de facteurs extérieurs», estime Moody’s.
La période la plus critique se concentrera entre les années 2014 et 2015 avec 30 milliards de dette arrivant à maturité. Chetan Modi, l’auteur du rapport cité dans un communiqué, s’inquiète notamment du fait que plus de la moitié de la dette concernée soit concentrée entre les mains de seulement 36 sociétés, avec chacune plus d’un milliard d’euros de dette. «Cette dette est dispersée entre plusieurs secteurs d’activité, mais il y a une concentration de dette à refinancer en 2014» précise-t-il. Le Royaume-Uni est notamment en première ligne face à ce mur de refinancement avec 54 milliards d’euros de dette arrivant à maturité dans les trois prochaines années, suivi de l’Allemagne et de la France.
Dans ce contexte, le marché du high yield devrait être le plus touché. En effet, si l’agence estime qu’une majorité de sociétés sous LBO bénéficient d’une taille et d’une santé suffisantes pour refinancer leur dette actuelle sur le marché obligataire, «le marché à haut rendement sera relativement pénalisé sur sa qualité de crédit», avec une hausse du coût des refinancements. Citigroup estime que le taux de défaut des sociétés européennes notées sous la catégorie investissement devrait augmenter à 6% d’ici la fin de l’année, contre 2,3% au début 2012.
L’ouverture des marchés américain et européen de la dette à haut rendement sera ainsi déterminante dans la manière dont le refinancement de la dette sera piloté, selon Moody’s. Et de préciser que «les marchés n’ont pas encore trouvé un produit adapté pour remplacer les actuels CLO alors que les banques continuent de réduire leur stock de crédit à effet de levier». L’agence juge que les sociétés devraient tenter de renégocier et d’allonger la durée des engagements dès cette année.
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