Un dialogue de sourds s’installe entre le gouvernement et les banquiers
Edouard Philippe refuse le nouvel avantage fiscal réclamé par les banquiers. Ceux-ci n’entendent pas le discours gouvernemental sur l’investissement en actions.
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Ivan Best
Le Premier ministre Edouard Philippe lors du Grand rendez-vous de l’investissement productif, organisé le 22 janvier 2017.
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Capture écran.
A la Fédération bancaire française qui réclame la création d’un nouveau produit bancaire d’épargne à long terme, défiscalisé, Edouard Philippe a opposé ce lundi une fin de non-recevoir. «Nous avons actionné le levier fiscal, avec la fin de l’ISF et le PFU, on va faire quelque chose de plus», a déclaré le Premier ministre à l’occasion du «grand rendez-vous de l’investissement productif» organisé à l’Assemblée nationale. «Ce quelque chose de plus, c’est ne plus toucher à rien dans le domaine fiscal». Pas question, donc, de créer une nouvelle carotte fiscale pour aider les banques à trouver des ressources à long terme, après la fin ou presque du PEL. Une refus ferme et net qui crée au sein de la profession bancaire le sentiment de ne pas être entendu par le gouvernement. Mais la situation semble être identique dans l’autre sens, à savoir que les banquiers restent sourds aux demandes de la majorité et du gouvernement.
La députée LREM Amélie de Montchalin, qui avait organisé ce rendez-vous, souhaitait voir les banquiers proposer «un plan d’action», destiné à favoriser le financement en fonds propres de l’économie et plus particulièrement des PME. A charge pour les conseillers bancaires de savoir proposer des placements plus risqués aux épargnants. Confronté à cette demande pressante, le président de la Confédération du Crédit mutuel, Nicolas Théry, seul banquier présent à ce rendez-vous, a voulu «pousser un coup de gueule». Car «on nous fait un faux procès» a-t-il déclaré, mettant en avant la qualité du travail des 370.000 personnes salariées des banques en France. «Nous finançons les PME à hauteur de 400 milliards d’euros» a-t-il souligné, relevant par ailleurs que «l’investissement en actions est pour les banques cinq fois plus cher (en fonds propres) que le crédit» . Et d’ajouter que le conseil bancaire se veut «responsable» : il ne saurait être question pour les banques de suggérer à leurs clients d’aller fortement vers des placements risqués alors que les marchés sont au plus haut. Il peut exister un «volet d’épargne à risque», mais seulement en plus d’une proportion élevée d’épargne de précaution.
Pas de nouvelle carotte fiscale pour les banques, donc, mais pas non plus de conseils plus nets en faveur du placement en actions. Comme si un dialogue de sourds s’installait.
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