Un débat épineux s’ouvre sur le futur budget européen
Ce sera la première discussion de très haut niveau sur ce sujet. Les 27 chefs d’Etat de l’Union européenne (hors Royaume-Uni) se retrouvent aujourd’hui pour une réunion consacrée principalement au cadre financier pluriannuel de l’UE après 2020. Le sujet peut sembler technique, mais il est extrêmement politique. Traiter du budget européen, c’est en effet décider combien chaque Etat paiera, tout en statuant sur les retours auxquels il aura droit – notamment les fonds structurels et ceux de la Politique agricole commune (PAC). D’où des négociations complexes, et surtout longues. A titre d’exemple, la négociation du cadre actuel (2014-2020) a duré 29 mois, rappelle Donald Tusk dans un document préparatoire à la réunion.
Conditionner le versement des fonds structurels
Et cette année, la tâche est encore plus ardue. En cause : le départ du Royaume-Uni, qui prive l’UE de 10 milliards d’euros par an. Et oblige, soit à sabrer dans les dépenses actuelles, soit à augmenter la contribution des 27 pays restants. La première option se révélerait dangereuse pour les pays d’Europe centrale, qui verraient se réduire les fonds structurels dont ils bénéficient. Mieux vaut, selon eux, revoir les contributions à la hausse – comme l’ont encore demandé les chefs d’Etat des pays baltes la semaine dernière.
En face, les pays contributeurs ne sont pas enthousiastes. La France, en particulier, qui a du mal à tenir sa trajectoire budgétaire, lorgnerait plutôt la seconde option – une réduction des dépenses. Problème : les dépenses de l’UE sont déjà limitées au minimum que les 28 ont pu accepter, et une réduction supplémentaire sera compliquée à avaliser. Y compris par la France, dont les agriculteurs bénéficient de 9 milliards d’euros de subvention de la PAC.
Récemment, la question a été compliquée par une nouvelle donnée : l’idée de conditionner le versement des fonds structurels au respect de l’Etat de droit – un moyen commode pour gêner la Hongrie et la Pologne, dont Bruxelles n’apprécie pas les évolutions politiques autoritaires récentes.
Enfin, pour couronner le tout, la Commission réfléchit à la mise en place d’une ligne budgétaire spécifique pour la zone euro. Les détails sont encore à l'étude, mais une option est de placer cette ligne au cœur du cadre financier pluriannuel. Ce qui donnerait à la Hongrie et à la Pologne un droit de regard dessus, et donc un argument de poids dans les négociations.
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