UBS tire les fruits de son retour aux sources
Son bénéfice trimestriel est inférieur d’un quart à celui de Credit Suisse, mais UBS a donné plus de gages de solidité que son compatriote. Le numéro un helvétique a publié mardi un résultat net de 988 millions de francs suisses (805 millions d’euros) à fin mars, en recul de 5% sur un an mais très supérieur aux attentes. Il profite du redressement de ses activités de trading et des bonnes performances de sa gestion de fortune. «S’il est encore trop tôt pour crier victoire, le dernier trimestre a démontré que notre business model marche à la fois en théorie et en pratique», a déclaré Sergio Ermotti, le PDG d’UBS.
Pilier du groupe au côté de la banque d’investissement, la gestion de fortune enregistre une collecte nette de 15 milliards de francs dans sa division hors Amériques (870 milliards d’encours), un record depuis 2007. Son bénéfice avant impôts est également au plus haut depuis 2009. L’Asie (5,5 milliards) et les autres pays émergents (4,9 milliards) sont les plus dynamiques, alors que l’activité européenne pour non-résidents, c’est-à-dire la Suisse, continue à subir des sorties de capitaux.
Outre-Atlantique (845 milliards d’encours), les flux nets restent substantiels, à 9,2 milliards de dollars (8,6 milliards de francs), et les profits atteignent un niveau inédit. UBS semble avoir réussi à faire oublier les scandales fiscaux et l’affaire Madoff qui lui ont fait perdre sa place de numéro un mondial de la gestion privée, au profit de Bank of America-Merrill Lynch. Dernier point positif, sa marge sur encours a progressé de 6 points de base à 91 pb, hors Amériques où elle a reculé mais reste dans la fourchette visée.
Quant à la banque d’investissement, elle tire parti de son recentrage sur les actions, franchise historique d’UBS, après l’annonce de la quasi-fermeture de son pôle obligataire. Son résultat opérationnel, deux fois plus élevé qu’il y a un an, tutoie le milliard de francs. Ses revenus progressent de 20%, à 2,8 milliards, «en utilisant 10% de bilan en moins et 15% de salariés en moins», affirme la banque. S’il est trop tôt pour savoir si ce rebond sera pérenne, UBS peut se targuer d’avoir mené à bien sa réduction de voilure. En normes Bâle 3, son ratio de fonds propres durs atteint 10,1% à fin mars, une des meilleures performances en Europe.
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