UBS solde ses comptes avec les autorités dans l’affaire Adoboli
UBS a certainement hâte de tourner la page judiciaire de l’affaire Kweku Adoboli, du nom de son trader londonien dont les agissements ont conduit à une perte de 2,3 milliards de dollars. Le trader vient d’être condamné à sept années d’emprisonnement. Reste à la banque helvétique, outre la gestion du fardeau en termes de réputation, à s’affranchir de l’enquête conjointement menée depuis l’an passé par les autorités britannique et suisse, respectivement la FSA (Financial Services Authority) et la Finma (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers). Les différentes parties n’ont pas souhaité commenter.
De sources concordantes, UBS pourrait écoper de la part de la FSA d’une amende pouvant aller jusqu’à 50 millions de livres, l’équivalent de 62 millions d’euros. Une sanction destinée à punir la banque pour ne pas avoir été capable de détecter les agissements frauduleux de Kweku Adoboli. Le Financial Times évoque un montant de 20 à 50 millions, Bloomberg un montant voisin de 45 millions. Le montant précis de l’amende faisait encore l’objet vendredi d’ultimes pourparlers, et une annonce publique pourrait être faite au cours des tout prochains jours. Une annonce attendue conjointement à celle de la Finma, qui, elle, n’est pas susceptible d’infliger une amende à UBS mais devrait lui imposer un nouveau renforcement de ses contrôles réglementaires.
Au niveau évoqué de 50 millions de livres, l’amende d’UBS serait la deuxième plus importante jamais infligée par la FSA, après celle de 59,5 millions à l’encontre de Barclays en juin dernier dans l’affaire de manipulation du taux interbancaire londonien (dans le cadre d’une sanction conjointe de 290 millions lancée avec les régulateurs américains). UBS est également dans le collimateur des autorités dans l’affaire du Libor.
Bloomberg, qui rappelle que la banque suisse a déjà été frappée d’une amende par la FSA de 8 millions de livres en 2009 pour des erreurs de trading au sein de sa division de gestion de fortune à Londres, rapporte que cette fois la sanction ne devrait pas atteindre un record. La banque figure en effet en victime de l’affaire Adoboli, ses clients n’ont pas perdu un penny, et elle a déjà financé pour 20 millions une enquête de KPMG demandée par les autorités britanniques. Autant d’arguments mis en avant par UBS pour implorer la clémence de la FSA.
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