Theresa May joue sa dernière cartouche sur le Brexit
Pour Theresa May, c’est bientôt le clap de fin. Après des semaines de pourparlers, les négociations entre le parti conservateur et le parti d’opposition travailliste pour trouver une solution à la mise en oeuvre du Brexit ont été rompues vendredi.
La Première ministre britannique ne renonce pas pour autant à soumettre à nouveau l’accord de Brexit, déjà rejeté trois fois par les députés, au vote du Parlement dans la semaine débutant au 3 juin. Dans une tribune publiée hier dans le Sunday Times, Theresa May a même tenté de jouer sa dernière carte en indiquant que le texte de loi qui serait proposé constituerait une « offre nouvelle et audacieuse », avec un « package amélioré de mesures, capable d’obtenir le soutien » du Parlement.
De l’avis général, ces nouvelles promesses, qui incluraient le maintien des normes européennes en matière de droits des travailleurs, ne devraient pas suffire à obtenir l’aval des députés sur le texte de retrait.
Sur la sellette depuis des mois, Theresa May vit d’ailleurs ses derniers jours au poste de Première ministre : jeudi, elle a été contrainte d’accepter d’annoncer un calendrier pour l'élection d’un nouveau leader du Parti conservateur lors d’une réunion avec les membres de son parti. Ce qui revient à désigner le nouveau Premier ministre du pays. Sa démission, qui devrait intervenir dès le rejet de l’accord de retrait début juin, déclencherait le démarrage d’une campagne pour élire le nouveau chef du parti Conservateur. Les députés devront alors réduire leur choix à deux candidats sur une liste potentielle de dix intéressés. Cette course à la présidence du parti devrait se dérouler durant l’été de façon à avoir un nouveau chef de parti en place dès septembre, soit à temps pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE prévue désormais le 31 octobre prochain.
Dans un sondage publié samedi par YouGov pour le Times, Boris Johnson serait, à ce jour, le candidat préféré au sein du parti conservateur, avec quelque 39 % des intentions de vote suivi par l’ancien secrétaire d’Etat au Brexit, Dominic Raab, avec 13 %. Si les deux candidats se retrouvaient en face à face, Boris Johnson aurait aussi l’avantage, avec 59 points contre 41.
Dans l’intervalle, les élections européennes, auxquelles le Royaume-Uni participera le 23 mai, promettent de se conclure par un énorme fiasco pour le parti conservateur, crédité de seulement 10 % d’intentions de votes (Source YouGov), très loin derrière le parti du Brexit, avec 34%.
Plus d'articles du même thème
-
Deutsche Börse échapperait à une supervision européenne obligatoire
Berlin a obtenu une dérogation pour que la place boursière allemande puisse rester sous le contrôle de son régulateur national, selon le Financial Times. -
La France veut faire du G7 d'Evian un grand forum de médiation des conflits mondiaux
Le président de la République a voulu un sommet de convergence, permettant d’aborder les déséquilibres économiques mondiaux mais aussi les conflits en cours en Ukraine et en Iran, ainsi qu’une multitude d’autres thématiques. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide