Le dialogue de sourds se poursuit. Alors que Veolia a annoncé jeudi matin avoir soumis à la direction de Suez une nouvelle proposition permettant de maintenir au sein de la même entreprise les activités Eau et Déchets de Suez en France, Suez n’y voit « aucune avancée majeure ». « Le conseil d’administration étudiera les propositions de ce jour même si, à ce stade, la proposition de Veolia manque de sérieux et soulève les interrogations », explique Suez dans un communiqué.
Selon Suez, le maintien dans une seule société de toutes les activités du groupe en France, à savoir l’eau et les déchets, comme le propose désormais Veolia, créerait « un ensemble non pérenne puisque amputé de la croissance et de l’innovation des développements internationaux ». Il s’agirait selon le groupe d’un « retour en arrière de 20 ans ». « Pour les salariés du groupe en France, la proposition de ce jour affiche donc des garanties sociales en trompe l’oeil dans une situation économique difficile », ajoute Suez. « Aucune valorisation de Suez à un prix juste n’est proposée » et « les conditions de l’opération avec Meridiam restent opaques », appuie le groupe.
Un tiers de Suez pour Meridiam
Alors que dans son projet initial Veolia prévoyait de conserver les activités déchets de son concurrent pour céder l’eau France à Meridiam, Veolia propose maintenant que Meridiam reprenne l’intégralité des activités de Suez en France. Cela représente environ 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit un tiers de Suez. Cette société pourrait continuer à opérer sous la marque Suez, et serait concurrent de Veolia, a précisé Veolia dans un communiqué.
« Cette nouvelle approche cohérente et équilibrée est donc de nature à répondre aux principales préoccupations des parties prenantes en préservant les emplois et la concurrence en France, et en donnant à Suez les capacités nécessaires pour se développer durablement et de manière renforcée », a estimé Veolia.
Un coût pour Veolia
« Cette solution coûte à Veolia mais si elle permet de débloquer la situation rapidement nous sommes prêts à y travailler rapidement », a déclaré Antoine Frérot, le PDG du groupe, lors d’une conférence téléphonique.
Antoine Frérot a reconnu que cette nouvelle proposition aurait un impact sur les synergies opérationnelles et d’achat, estimées à 500 millions d’euros par Veolia, mais a ajouté que le groupe comptait compenser cet effet négatif « par des synergies de développement plus rapides ».
Le dirigeant a précisé que cette solution supposait que Suez renonce à vendre ses actifs en Australie et au Royaume-Uni.
Le groupe australien Cleanaway a confirmé la semaine dernière avoir approché Suez en vue d’un rachat éventuel de ses activités déchets en Australie. Par ailleurs, le groupe français mènerait des discussions avec le fonds I Squared Capital au sujet de ses actifs britanniques, selon le site Mergermarket.
Prix de 18 euros confirmé
Antoine Frérot a également indiqué que Veolia avait pris des engagements portant sur le maintien de l’emploi et les acquis sociaux pour les salariés de Suez France sur une période de quatre ans à compter de la date de rachat.
Par ailleurs, Antoine Frérot a déclaré que le prix de 18 euros par action proposé par Veolia était « juste » et tenait compte des « fruits » attendus du rapprochement. Dans un entretien accordé au Figaro, le président du conseil d’administration, Philippe Varin, avait appelé Veolia à relever ce prix.
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