SNS Bank réussit à placer une tranche de titrisation retenue à son bilan
Malgré des conditions de marché volatiles, quatre titrisations ont été placées la semaine dernière pour plus de 13 milliards d’euros. Chose nouvelle, parmi les deux opérations vendues aux investisseurs figurait le placement par SNS Bank d’une titrisation qui a été émise initialement en septembre 2007 et retenue à son bilan pour être placée en repo auprès de la BCE.
L’établissement hollandais a émis la classe A2 de la transaction Hermes XIV, un titre néerlandais adossé à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) de qualité élevée (prime). Le montant de l’opération organisée par BNP Paribas et Rabobank s’est s’élevé à 1,4 milliard d’euros. D’après Deutsche Bank, la restructuration qu’a subie la tranche a résidé essentiellement dans le relèvement de la marge à l’émission. Celle-ci est passée de 38 pb à 115 pb. «A cause de la faiblesse du marché, la tranche a été valorisée dans le haut de la fourchette prévue de 110-115 pb. et a été sursouscrite seulement de 1,5 fois», précise UniCredit.
Mais côté notation, il y a eu également des changements. Tandis que la tranche émise est notée «AAA» par Fitch et «Aaa» par Moody’s, selon l’équipe ABS & CDO de Natixis, «S&P a dégradé et retiré la notation de toutes les tranches de Hermes XIV (à l’exception de la classe D qui a été affirmée et retirée), à cause de la notation de SNS Bank à A-2 qui n’est pas suffisante pour cette dernière pour être contrepartie de swap». La banque française précise en revanche que Rabobank exerce désormais ce rôle de contrepartie de swaps grâce à ses notations.
Cette opération peut-elle annoncer un phénomène à grande échelle de redistribution sur le marché des tranches retenues ? Rien n’est moins sûr. «Ce sera un défi pour une grande majorité des titrisations retenues d’être placées aux investisseurs telles quelles», note Deutsche Bank. Selon la banque d’outre-Rhin, seulement 1 % (8 milliards d’euros) des tranches retenues depuis 2007 ont les arguments pour être vendues, à savoir un spread minimum de 100 pb et l’obtention de deux notations de crédit, ou plus.
Même si une notation supplémentaire et/ou un ajustement de spreads peuvent être possibles dans certains cas, Deutsche Bank en conclut d’une part, que ces tranches retenues ne sont généralement pas conçues pour les investisseurs, et d’autre part, qu’elles devraient plutôt être dénouées.
Plus d'articles du même thème
-
La bonne tenue des actions européennes est suspendue au test des bénéfices
Les actions ont rebondi en Europe avec l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran et la forte baisse du pétrole. Certains n’y voient qu’un rattrapage désormais achevé, d’autres croient qu'une deuxième vague de hausse est possible si la conjoncture continue de s'améliorer. -
Les dettes AT1 pourraient devenir un sujet de compétitivité pour les banques
La Banque des règlements internationaux a exposé ses propositions pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). L’institution donne l’impression de vouloir imposer aux banques européennes de nouvelles règles complexes, pas toujours adaptées. -
Voyageurs du Monde va quitter la Bourse parisienne
Avantage, regroupant les fondateurs et les actionnaires institutionnels du voyagiste, lancera une OPA simplifiée, voire une offre publique de retrait, au prix de 180 euros par action. Une offre, avec une prime de 24% sur le dernier cours, qui valorise le groupe 807 millions d’euros.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
PrésidentielleMarine Le Pen choisit le tribunal des urnes
Ni empêchée, ni réhabilitée, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une troisième voie pour se présenter à la présidentielle. Celle d’un pourvoi en cassation qui suspend sa peine, malgré le risque de se voir imposer un bracelet électronique début 2027 -
Mauvaise piocheMarine Le Pen candidate : scénario noir pour les héritiers du macronisme
Edouard Philippe et Gabriel Attal ont vite réagi, le 7 juillet, pour contrer la candidate qui les menace le plus. Ils estiment Marine Le Pen plus difficile à battre que Jordan Bardella -
EditorialMarine Le Pen candidate : les juges et la politique, troisième round
C’est une leçon pour l’avenir : le pouvoir des juges doit s’arrêter là où la liberté démocratique est menacée