Sebia affole les compteurs pour son quatrième LBO
L’attrait de la Bourse, des taux d’intérêt faibles et la vigueur des acquéreurs industriels n’ont pas totalement éclipsé la réalisation de LBO importants en France. Pour preuve, Astorg Partners et Montagu Private Equity ont annoncé hier être entrés en négociation exclusive avec Cinven pour lui acheter Sebia, l’un des principaux acteurs mondiaux de diagnostic in vitro pour l’oncologie et dans les troubles de l’hémoglobine et du métabolisme.
Si le montant n’a pas été communiqué, Cinven indique que la transaction générera 2,4 fois son investissement en capital initial. L’investisseur avait acquis l’entreprise en 2010 auprès de… Montagu pour 800 millions d’euros, dont 480 millions de fonds propres. On peut donc en déduire que l’opération actuelle valorise Sebia à plus de 1,15 milliard d’euros, puisqu’il faut ajouter à ce montant la dette nette résiduelle de la PME.
Sebia est considérée comme une pépite. Présente sur un secteur défensif (la santé), elle génère en outre des flux de trésorerie importants, ce qui en fait un candidat de choix à un LBO, plus de 90% de son Ebitda se retrouvant dans ses cash-flows. Ceci explique l’augmentation de sa valeur au fil des quatre LBO qu’elle a connus, alors qu’elle n’a généré qu’un chiffre d’affaires de 147 millions en 2012 et légèrement supérieur à 150 millions en 2013 (selon une source proche, le chiffre officiel n’ayant pas été communiqué). Sebia a ainsi été acquise en 2001 (par Astorg déjà) pour 70 millions et revendue à Montagu 5 ans plus tard pour 430 millions.
Un tel actif aurait pu déclencher des enchères enflammées. Mais de sources concordantes, le seul concurrent sérieux pour Astorg et Montagu a été Nordic Capital, déjà prétendant en 2010.
Cinven, qui n’a pas eu recours à un conseil en M&A, penchait à l’origine pour un refinancement, puis a demandé à quelques banques de réfléchir à un staple financing (proposé à d’éventuels acquéreurs). Avec la volonté de boucler l’une ou l’autre opération au cours de l’été.
Connaissant intimement Sebia, Montagu et Astorg (qui détenait encore 15% de la PME) partaient avec une longueur d’avance. Ils étaient conseillés par Nomura et Goldman Sachs, qui structureront la dette de l’opération. Vu le profil de la société, les banques entendent éviter un recours à la mezzanine, la dette junior devant être syndiquée auprès d’investisseurs. La proportion entre dette et fonds propres devrait être équilibrée.
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