Raymond James profite des déboires de Regions Financial pour s’agrandir
La crise profite à Raymond James. Le groupe de services financiers américain, conseillé par JPMorgan, a finalement mis un terme à plus de six mois de suspense en acceptant de racheter Morgan Keegan, mise en vente par Regions Financial depuis juin dernier. Raymond James versera 930 millions de dollars en actions et la filiale de courtage du prêteur de l’Alabama devra également verser un dividende à sa maison mère de 250 millions en complément avant la clôture de la transaction. Le directeur général de Morgan Keegan, John Carson, rejoindra Raymond James en tant que président et dirigera les opérations de taux et de finances publiques.
Une bonne opération pour Raymond James, alors que Morgan Keegan espérait initialement lever 1,5 milliard grâce à cette cession, retardée par les turbulences de marché qui ont découragé les reprises éventuelles. Le groupe a finalement payé 1,3 fois la valeur comptable de Morgan Keegan, un prix jugé «raisonnable», et l’opération devrait engendrer une hausse du résultat de 2 à 3% en 2012. «Nous serons bien positionnés quand le marché se retournera» estime Paul C. Reilly, son directeur général. L’activité, qui emploie plus de 1.000 conseillers dans 20 Etats, dégage 1,1 milliard de recettes et permettra à Raymond James d’ajouter 80 milliards à ses 256 milliards d’actifs sous gestion, et de le faire monter au neuvième rang des courtiers américains.
Le 1,18 milliard de dollars ainsi levés par Regions Financial, conseillé par Goldman Sachs, ne mettront cependant pas un terme à ses difficultés. L’opération occasionnera une charge pour dépréciation d’actifs de 575 à 745 millions au quatrième trimestre, et la banque s’attend à présent à enregistrer une perte comprise entre 432 et 633 millions de dollars sur le trimestre, soit de 0,34 à 0,50 dollar par action.
La vente permettra péniblement au groupe de faire progresser son ratio tier one de 9 pb. D’ailleurs, son directeur général, Grayson Hall, a reconnu lors de la conférence d’analystes qui a suivi l’annonce de l’opération que le groupe devra lever des capitaux supplémentaires pour être en mesure de rembourser les 3,5 milliards qu’il doit encore au Troubled Asset Relief Program (Tarp) et se conformer aux nouvelles exigences en termes de fonds propres. «Nous avons besoins de capitaux supplémentaires».
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