Donald Trump tiendra-t-il ses promesses ?
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Bloomberg
Même si nous avons revu à la hausse nos prévisions pour l'économie américaine en partant du principe que Donald Trump poursuivra une politique favorable à la croissance, cet exercice est encore plus difficile à réaliser que d’habitude compte tenu de l’incertitude entourant les priorités de la nouvelle administration entrée en fonction ce 20 janvier. C’est pour cette raison que nous avons modélisé un scénario «Trump agressif», sur la base de ses promesses de campagne, afin de déterminer les conséquences qu’elles pourraient avoir si elles étaient appliquées.
Ce modèle repose sur quatre hypothèses : un tarif douanier de 60% sur les produits chinois et 10% à 20% sur le reste du monde ; des contrôles aux frontières qui limitent l’immigration ; un assouplissement budgétaire de 10.000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie ; et une déréglementation rapide, principalement dans l’énergie et la finance.
Ces facteurs auraient un impact déflationniste sur l'économie mondiale par rapport à nos prévisions de base et c’est probablement la Chine qui souffrirait le plus. L’affaiblissement du commerce, une pause dans les décisions d’investissement et un choc général sur la confiance seraient également susceptibles de faire basculer la plupart des économies vers la récession.
Un risque de stagflation américaine
Mais ce cocktail aurait au final un impact stagflationniste pour les États-Unis. Sous l’effet de la relance budgétaire, la hausse de la demande se heurterait rapidement à une détérioration de l’offre. Bien qu’ils soient partiellement absorbés par le raffermissement du dollar et les marges bénéficiaires, les droits de douane plus élevés seraient également susceptibles d’accroître l’inflation. Surtout, la plus grande menace viendrait d’une répression de l’immigration : des pénuries de main-d'œuvre soutiendraient les hausses de salaires.
Cela mettrait la Réserve fédérale (Fed) dans l’embarras. Alors que d’autres banques centrales réduiraient leurs taux d’intérêt en 2025, cette stagflation empêcherait la Fed d’assouplir sa politique, ce qui renforcerait un peu plus le dollar. A la fin de son mandat en mai 2026, le président de la banque centrale, Jerome Powell, serait remplacé par quelqu’un de plus favorable à une politique monétaire laxiste. Notre modélisation suppose alors que, dans le but de stimuler la croissance, les taux américains sont ramenés à 3% d’ici à la fin de 2026. Cette mesure, ainsi que les déficits jumeaux béants, finiraient par faire basculer le dollar.
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