Paris Orléans apure ses comptes annuels au prix d’un résultat juste positif
Paris Orléans sauve les meubles. Après une perte au premier semestre, la holding de David de Rothschild a publié hier soir un résultat net de 8 millions d’euros pour l’exercice 2013-2014 clos le 31 mars dernier. Un an plus tôt, elle affichait 42 millions de bénéfices. «Hors éléments exceptionnels, les revenus et le résultat opérationnel sont restés quasi stables», tempère une source proche du groupe qui chapeaute la banque parisienne Rothschild et sa cousine helvéto-britannique.
Quasi étals à change constant, les revenus totaux ont baissé de 3% sur un an, à 1,1 milliard d’euros. Le dynamisme de la banque privée et de la gestion d’actifs (+9%) n’a pas totalement compensé le recul de 7% des activités de conseil (-15% en fusions-acquisitions et +13% en restructuration financière), au plus bas depuis cinq ans. Paris Orléans n’a pas profité du flux de fusions-acquisitions domestiques aux Etats-Unis, où sa présence reste faible, mais il compte sur le rebond des opérations en Europe. Il conseille la plupart des transactions en cours impliquant des groupes français, d’Alstom à Lafarge. Avec un bémol, l’échec de son client Bouygues dans sa tentative de rachat de SFR.
Paris Orléans a également pâti d’une hausse de ses charges, provenant pour l’essentiel d’éléments non-récurrents. Après l’unification du groupe il y a deux ans, «le groupe a externalisé toute son informatique, sauf en Suisse. Ce chantier de 16 millions d’euros concerne essentiellement la banque privée», indique la source. Paris Orléans a par ailleurs passé 26 millions de charges liées à des différends juridiques, notamment dans le cadre de l’action des Etats-Unis à l’encontre des banques suisses, soupçonnées d’avoir favorisé l’évasion fiscale des citoyens américains.
Les tensions pesant sur les banques privées helvétiques ont également amené la holding à gonfler de 6 millions la dépréciation de 22 millions enregistrée au premier semestre sur sa participation dans la Banque Privée Edmond de Rothschild (BPER), basée à Genève et contrôlée par une branche cousine. En 2012-2013, Paris Orléans avait déjà révisé la valeur de ses titres à hauteur de 46 millions, pour tenir compte de la baisse du cours de Bourse de BPER. «Cela nous est imposé par les normes comptables mais nous ne voulons pas céder notre participation qui est pérenne», confie la source. Des propos destinés à calmer le jeu après le courroux des cousins, exprimé publiquement fin 2013 par Christophe de Backer, le patron de BPER.
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