Paris Europlace fête ses 25 ans dans un climat porteur
C’est un 25e anniversaire heureux pour Paris Europlace. L’association de promotion de la Place financière de Paris tient ce mercredi et jeudi ses Rencontres financières internationales, alors que la City observe les difficultés du gouvernement May à s’accorder sur un plan de sortie de l’Union européenne. Plus de 2.000 participants sont attendus, dont un tiers d’étrangers.
Les réformes engagées en 2016 au lendemain du vote britannique sur le Brexit, par le Premier ministre de l’époque Manuel Valls, puis celles du gouvernement Philippe, amplifiées par l’effet Macron, ont remis Paris sur la voie de la compétitivité. Au dernier pointage, entre 3.500 et 4.000 relocalisations d’emplois à Paris ont été annoncées, ce qui laisse espérer au total la création de 20.000 postes en comptant les emplois indirects. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire devrait s’en féliciter lors de son discours à la Place ce midi. Mais c’est aux investisseurs réunis ce soir lors d’un «dîner de l’attractivité» organisé au Quai d’Orsay, que le ministre de l’Economie pourrait réserver la primeur de nouvelles annonces.
Un homme est de l’aventure depuis l’origine : Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace. Il devrait poursuivre ce rôle sous la présidence d’Augustin de Romanet, patron du groupe ADP, à qui Gérard Mestrallet transmet le flambeau le 14 juillet. La présence d’un «entrepreneur» et non d’un financier à la tête de l’association caractérise d’ailleurs cette dernière depuis sa création. «Nous ne voulions pas d’un simple club de banquiers londoniens. La Place financière de Paris a été pensée au service des entreprises et de l’économie réelle, une idée qui faisait sourire certains de nos concurrents mais qui s’est imposée après la crise financière», rappelle Arnaud de Bresson.
Au-delà de l’opportunité que constitue le Brexit, Paris met en avant d’autres piliers de sa stratégie. «Nous avons donné une place importante à la finance durable, dès l’époque où Augustin de Romanet dirigeait la Caisse des dépôts, et notre action s’est largement amplifiée depuis, y compris avec la création de Finance for Tomorrow, présidée par Philippe Zaouati», souligne Arnaud de Bresson, qui évoque également l’innovation et les fintech. Au bout du compte, «l’objectif est de faire de Paris une place ouverte, qui contribue à la construction d’une Europe financière compétitive, pour la croissance et l’emploi, et qui consolide sa position dans la compétition mondiale. »
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Paris - Alors qu’il fourbit ses armes en vue de la présidentielle, Edouard Philippe fait désormais l’objet d’une enquête menée par un juge d’instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion au Havre, ville dont il est maire. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Sollicité par l’AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d’instruction et de lui désigner un périmètre d’enquête. La lanceuse d’alerte, «Judith» (prénom modifié), «se félicite de l’ouverture d’une information judiciaire sur les faits qu’elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d’instruction», a réagi auprès de l’AFP son avocat Jérôme Karsenti. Les faits sont contestés depuis le début par l’ex-Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre, dans les starting blocks pour la présidentielle. Edouard Philippe «prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire. Il l’apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine», a réagi auprès de l’AFP son entourage dans la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Contacté par l’AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité faire de commentaire. Contrat pas renouvelé Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise. La plainte consultée par l’AFP estimait que le juge d’instruction devait «apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique», un tiers-lieu d’innovation. Après ses alertes, la haute fonctionnaire s'était plainte d’avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech. LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets. Le conflit d’intérêts «semble absolument évident», a considéré à l'époque la lanceuse d’alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. «Opacité» «C’est le maire et son adjointe» qui, en tant que présidente de l’association, allaient «avoir la main sur des sommes considérables» pour «des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville», soulignait-elle. Sur le moment, elle s'était étonnée qu’Edouard Philippe, conseiller d’Etat, n’ait pas suspecté d’irrégularités. Elle assure avoir découvert plus tard que les services juridiques avaient alerté en vain sur un possible favoritisme. Cette haute fonctionnaire avait obtenu le statut de lanceuse d’alerte en janvier 2025, contesté par Edouard Philippe. A la communauté urbaine, la Cité numérique fut «tout de suite» désignée à la lanceuse d’alerte «comme un dossier principal», relatait-elle. Mais «dès les premiers mois», elle a constaté «une opacité dans la gestion de l’association» et ne comprenait pas son activité. Elle racontait qu’on lui avait fourni «des réponses très vagues sur les dépenses, la trajectoire financière», lui reprochant «des velléités d’ingérence». Fin 2021, obtenant finalement des chiffres, elle affirmait découvrir le «très faible niveau d’activité» de la Cité numérique mais surtout «la masse salariale» composée «de jeunes salariés» qui faisaient «un peu tout» pour «des salaires bruts au-delà de 60 voire 70.000" euros. L’association sera placée en liquidation judiciaire en 2023. Philippe GRELARD et Céline CORNU © Agence France-Presse