Paris et Berlin comptent sur la BEI pour soutenir l’investissement en Europe
La France et l’Allemagne souhaitent que la Banque européenne d’investissement (BEI) et le Fonds européen d’investissement (FEI) soient davantage mobilisés au service de la croissance en Europe. Lors de la réunion informelle des ministres des Finances européens à Milan vendredi et samedi, le couple franco-allemand devrait suggérer que la BEI prenne plus de risques et soit plus active dans le développement d’instruments innovants.
Ces propositions veulent «mettre l’accent sur le niveau d’investissement au sein de la zone euro», alors que cette dernière est confrontée à une faible croissance, une désinflation persistante et un haut niveau d’endettement public. Elles sont aussi mises sur la table alors que le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a proposé un plan d’investissements publics et privés de 300 milliards d’euros.
Le capital de la BEI ayant été augmenté l’année dernière de 10 milliards d’euros, Paris et Berlin suggèrent que l’institution «use de ses ressources financières actuelles pour être prête à prendre davantage de risques sur son bilan et donc augmenter son rôle contra-cyclique et de catalyseur». Les gouvernements proposent notamment que l’institution augmente ses activités les plus risquées dites «spéciales».
Il pourrait être demandé à la BEI plus d’implication dans le développement des instruments financiers innovants. En s’appuyant pour cela sur le FEI, dont elle est l’actionnaire majoritaire et donc le capital a été augmenté au printemps de cette année à 4,5 milliards d’euros. Celui-ci pourrait accentuer ses actions sur les PME, notamment par le biais d’octroi de garanties, d’injections en capital ou de soutien à la titrisation.
Le couple franco-allemand défend par ailleurs une meilleure utilisation des fonds européens. L’Union avait accordé quelque 230 millions d’euros de fonds européens non utilisés à la BEI en 2012 pour qu’elle soutienne, à titre expérimental, le placement d’obligations de projets. Paris et Berlin prônent la poursuite de cette initiative et envisagent de donner un «nouvel élan» au programme conjoint entre la BEI et la Commission en faveur des PME.
Parmi les options proposées figure également le développement d’un nouveau fonds européen. Abondé par les fonds structurels, il garantirait des projets en faveur de la croissance eux-mêmes financés par la BEI.
Plus d'articles du même thème
-
Anthropic en dévoile un peu plus sur son introduction en Bourse
Anthropic a dévoilé lundi 26 octobre son formulaire S-1. Il sera le premier laboratoire d'IA de pointe à faire l’objet d’une cotation publique, devançant OpenAI. Il aura le statut de société d'intérêt public, une structure juridique qui l’oblige à concilier des objectifs de rentabilité et des intérêts publics plus larges. -
Le Parti communiste chinois se réunit pour assurer la continuité de sa politique
Réunis pour le 5e plenum du 20e Congrès, les responsables du PCC devaient se concentrer sur les règles de gouvernance du parti de façon à préserver la légitimité de ses décisions et à poursuivre sa politique de développement. Au détriment de l'Europe et des Etats-Unis. -
Les investisseurs de référence comptent de plus en plus lors des introductions en Bourse
Leur présence explique en partie le choix des offres à prix fixe pour quatre des cinq opérations de 2026. Si les parcours boursiers sont difficiles pour quatre des cinq IPO, cela ne devrait pas décourager les postulants à la Bourse.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
Réforme de Parcoursup, rénovations, classes moins chargées : les concessions du gouvernement en réponse aux lycéens
Malgré l'annonce de quinze mille places supplémentaires et de prêts massifs pour rénover les établissements, les syndicats maintiennent la pression et appellent à manifester -
La Suède dans l’impasse après les échecs du centre et des socio-démocrates à former un gouvernement
Le Parti du centre a annoncé qu’il n’était pas parvenu à conclure un accord de gouvernement, plus d’un mois après des élections législatives très serrées. -
Sur un fil17 octobre : à l'Assemblée nationale, une commission d'enquête déjà en sursis
La commission d’enquête sur les violences des 17 et 18 octobre est déjà au bord de l’échec, une semaine à peine après son lancement. En contestant la répartition des postes de rapporteurs, le RN boycotte les travaux et contraint l’Assemblée à chercher une issue en urgence