Orpea défend sa stratégie face aux actionnaires activistes
Orpea a défendu jeudi sa stratégie en réponse à une lettre ouverte publiée par ses actionnaires Mat Immo Beaune et Nextstone Capital, qui considèrent que les dirigeants de l’exploitant de maisons de retraite dissimulent volontairement certains faits cruciaux au marché.
Selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), le concert «Concert’o», composé du groupe familial Mat Immo Beaune et de la société de gestion Nextstone, détenait 5,52% du capital et 4,60% des droits de vote d’Orpea au 26 octobre dernier.
Ruine des actionnaires
Dans leur lettre, les deux sociétés se disent «très surprises des récentes déclarations» des dirigeants d’Orpea concernant «la future restructuration de sa dette et la mise en oeuvre d’un prétendu ‘ambitieux plan de redressement’ via une procédure de conciliation» arrêtée en juin dernier. Selon eux, les dirigeants d’Orpea, en refusant de mettre en oeuvre le plan de désendettement homologué par le Tribunal de commerce, n’ont d’autre objectif que de faire supporter aux actionnaires et aux créanciers non sécurisés de la société «une dépréciation massive de leurs actifs».
Le Tribunal de commerce de Nanterre a homologué en juin dernier un protocole de conciliation avec les principaux partenaires bancaires d’Orpea, dans le cadre de la refonte de la stratégie de financement de l’exploitant de maisons de retraite.
Matt Immo Beaune et Nextstone Capital estiment qu’il existe «des solutions raisonnables alternatives permettant d’assurer la pérennité d’Orpea et de respecter les droits des actionnaires et créanciers». Or, c’est une situation totalement inverse qui se produit sous les yeux des différentes parties prenantes et se profile désormais une ruine des actionnaires sans précédent, préviennent les deux actionnaires.
Dans ce contexte, les membres du concert ont souhaité faire connaître au public les éléments qui caractérisent, selon eux, «une volonté délibérée de la direction d’Orpea de dissimuler certains faits cruciaux au marché». Ils demandent également la convocation d’une assemblée générale, afin que le conseil d’administration de la société réponde de sa stratégie.
Orpea compte respecter le protocole de conciliation homologué en juin 2022
En réponse à cette lettre, diffusée «au mépris des recommandations de place encadrant l’activisme actionnarial», Orpea a assuré dans un communiqué avoir toujours «communiqué les informations sensibles dont elle disposait» et réaffirmé «agir dans le seul intérêt social de l’entreprise et des parties prenantes».
Orpea a également souligné avoir engagé «tous les moyens nécessaires pour mener à bien les opérations envisagées par le protocole de conciliation de juin 2022». «La société avait d’ailleurs eu des discussions avancées avec des investisseurs immobiliers sur des cessions d’actifs avant même l’homologation de ce protocole», a précisé le groupe. «Ces négociations ont été activement poursuivies mais n’ont pas, pour l’essentiel, pu aboutir à ce jour en raison de la dégradation du contexte macroéconomique et de la situation particulière» de l’entreprise, a poursuivi Orpea.
L’action Orpea accuse une baisse de 91% depuis le début de l’année, plombée par les révélations sur la gestion des établissements du groupe contenues dans le livre-enquête «Les Fossoyeurs» paru en janvier dernier. Selon le site internet néerlandais spécialisé shortsell.nl, 15,35% du capital d’Orpea sont actuellement vendus à découvert.
En outre, la demande de convocation d’une assemblée générale formulée par Concert’O, «de surcroit sans ordre du jour communiqué, n’est nullement motivée par l’intérêt social d’Orpea», considère l’exploitant de maisons de retraite.
Dans son communiqué, Orpea indique se réserver «tous droits à l'égard des affirmations fausses, graves et/ou diffamatoires contenues dans la lettre ouverte de ces deux actionnaires minoritaires».
La société donne rendez-vous au marché le 15 novembre pour la présentation de son plan de transformation dont l’objectif est d’assurer sa pérennité et son développement futur.
Plus d'articles du même thème
-
La volatilité des actions tombe à un plus bas cette année
L’indice Vix de volatilité du S&P 500 a chuté à 14,40, son plus bas depuis janvier, soutenu par l’anticipation de banques centrales moins restrictives et les bons résultats de la tech. -
Les géants de la tech se ruent à nouveau sur les marchés
Après Alphabet sur le marché obligataire, Intel a bouclé une levée de 20 milliards de dollars à Wall Street. Ils ont tous deux profité d’une fenêtre de marché favorable après la correction de juillet. Nvidia a annoncé un accord de 500 milliards avec plusieurs fonds. -
SpaceX digère avec difficulté le premier afflux de titres post-lock-up
Après ses premiers résultats en tant que société cotée, l’opérateur spatial et d’IA devait passer l’obstacle de la fin de la période de rétention de titres de ses actionnaires historiques. Les investisseurs individuels sont désormais vendeurs nets, ce qui prive l'action d'un soutien majeur.
ETF à la Une
VanEck s’apprête à lancer un ETF Ucits axé sur l’agroalimentaire
Contenu de nos partenaires
-
EngrenageAu Yémen, la dangereuse escalade qui menace le détroit de Bab el-Mandeb
Le conflit entre Houthis et forces gouvernementales yéménites s'est réveillé, faisant peser le risque de nouvelles attaques contre les navires empruntant le passage stratégique -
Croyants ou pas, Washington veut des alliés qui défendent le christianisme en Europe
L'administration Trump estime que l'Europe a tourné le dos à l'héritage occidental chrétien. Elle aimerait la ramener sur la bonne voie -
Ainsi soient-ilsAttal, Philippe, Retailleau... et Dieu
Pour la première fois sous la Ve République, la droite et le centre pourraient être représentés à la présidentielle par un non-croyant. Si Bruno Retailleau est un catholique fervent, Edouard Philippe et Gabriel Attal entretiennent une relation distante avec la religion