Concert’o sonne la charge contre la direction d’Orpea
Le silence d’Orpea suscite l’ire de Concert’o. Dix jours après avoir adressé fin octobre au groupe de maisons de retraite un premier courrier resté sans réponse, le concert regroupant les investisseurs Mat Immo Beaune et Nextstone Capital, opte dans une seconde missive, au ton bien plus offensif.
Cette « lettre ouverte à la direction et aux actionnaires d’Orpea » a été envoyée le 8 novembre, avec copie à l’ensemble du conseil d’administration, dont le président Guillaume Pepy, mais aussi à Me Hélène Bourbouloux, chargée de la conciliation financière - dont le premier rendez-vous est programmé le 15 novembre - et Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF. Les deux actionnaires vont plus loin que la seule remise en cause d’une communication financière jugée « déficiente, avec plusieurs centaines de millions d’euros de préjudice pour le marché » ou le soupçon d’un plan de cession, avalisée en juin dernier qui « n’est pas mis sérieusement en œuvre ».
Les deux investisseurs qui revendiquent 5,3% du capital, ce qui fait d’eux le deuxième actionnaire d’Orpea, derrière le Canadien CPPIB mais devant Peugeot Invest, se font accusateurs. « Nous pensons qu’il existe en réalité des conflits d’intérêts évidents qui expliquent ce choix délibéré de trahir les actionnaires ». Selon leur courrier, les actionnaires actuels peuvent se préparer à être rincés par l’initiative de la direction d’Orpea qui, pilotée par Laurent Guillot depuis juillet 2022, « a décidé d’une opération purement financière, sans prise en compte de l’intérêt réel de la société qui est de céder, à leur juste valeur, les actifs non essentiels, notamment étrangers, afin de restructurer sa dette », souligne Concert’o.
« Intérêts sacrifiés » ?
« Tout porte à croire que les intérêts des actionnaires seront sacrifiés en leur imposant une augmentation de capital massivement dilutive par le biais d’une procédure de sauvegarde dont la seconde conciliation ne serait que l’antichambre », attaquent-ils. « Il y a même lieu d’aller plus loin et de se demander si finalement, la mise en œuvre de cette restructuration n’obéit pas à une volonté délibérée de privilégier certains groupes puissants au détriment des actionnaires et des créanciers non sécurisés, tout en épargnant les actuels membres du conseil d’administration qui, dans ce tumulte, n’assument pas leurs responsabilités ». Contactée mercredi, Orpea n’a pas apporté de commentaires à l’initative de Contert’o.
Alors que sa demande de cooptation d’administrateurs est restée lettre morte, le concert appelle ainsi les autres actionnaires à se coaliser pour convoquer une assemblée générale de la société, à l’avenir « infinançable », dans l’intérêt des actionnaires et même de la place de Paris. Selon ses arguments, une telle restructuration constituerait une « catastrophe pour le marché français de la dette non sécurisée bien au-delà d’Orpea, faisant fuir tout prêteur rationnel qui pourra légitimement craindre pour la sécurité juridique de sa créance sur le marché français. »
15 novembre
Le rendez-vous du 15 novembre, date à laquelle Orpea dévoilera son propre plan de transformation et se tiendra la conciliation d’Hélène Bourbouloux, s’annonce décisif. « Il est difficile de croire à une simple restructuration financière d’Orpea », estime un observateur, au fait de la situation, pour lequel du temps est nécessaire pour mettre en place le plan de 3 milliards de cessions d’actifs d’ici à 2025, avalisé en juin. « D’autant que plusieurs actifs, comme par exemple les structures en psychiatrie ou nombre d’actifs internationaux, se prêtent à l’exercice » d’un recentrage domestique. « A quoi bon, pour Orpea, détenir un seul actif en Chine, deux maisons de retraite en Croatie, ou encore un réseau de salons de coiffure en Allemagne ? », plaide pour sa part une source proche de Concert’o. La course contre la montre se poursuit.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose