La conciliation d’Orpea suscite ses premières oppositions
Alors que l’action Orpea continue de s’enfoncer en Bourse, terminant jeudi en baisse de plus de 15% à 8,32 euros, soit un nouveau plus bas annuel de clôture, le choix de la direction et du conseil d’administration du groupe de maisons de retraite et de cliniques d’engager une procédure de conciliation auprès du tribunal de commerce spécialisé de Nanterre, suscite ses premières oppositions.
Deux investisseurs, le groupe familial Mat Immo Beaune et le groupe Nextstone, ont annoncé jeudi avoir franchi de concert le seuil de 5% du capital du groupe placé sous protection judiciaire. Le concert annoncé, constitué au terme de prises de positions récentes, courant octobre, s’inscrit dans «une démarche de long terme», fait-on valoir dans l’entourage des deux investisseurs qui «n’excluent pas d’augmenter leurs participations».
Leurs critiques fusent à l’encontre du choix initié par l’équipe dirigeante d’Orpea d’engager une nouvelle procédure de restructuration de la dette financière. Ils «considèrent que la solution mise en avant pour le redressement consistant en la conversion en capital de 4,3 milliards d’euros de dettes non sécurisées d’Orpea, est prématurée et risque d’entrainer à terme la détention de la société par des fonds spéculatifs étrangers», sans exclure de voir leur démarche contribuer à fédérer d’autres oppositions et ni d’élargir leur concert. Selon eux, il semble opportun «de se donner du temps pour permettre la réalisation d’un plan de cession d’actifs conforme aux accords souscrits avec les créanciers bancaires en juin 2022, respectueux tant des intérêts du groupe, de ses salariés, de ses actionnaires, que ceux de tous les créanciers et de la puissance publique».
Prudence chez les principaux actionnaires
Ancien actionnaire de référence du groupe Les Opalines – une société opérant dans les maisons de retraites et les services aux seniors et cédée en 2021 au groupe Colisée -, le groupe familial Mat Immo Beaune est contrôlé par Philippe Péculier et sa famille. Selon le classement 2022 de Challenges sur les 500 premières fortunes de France, son patrimoine, cumulé avec celui de Didier Mennechet, ex-coinvestisseur dans les Opalines, ressortait à 800 millions d’euros. Nextstone se définit également comme un groupe familial spécialisé dans le capital investissement et l’immobilier.
Du côté de Peugeot Invest et CPPIB, les deux premiers actionnaires identifiés d’Orpea jusqu’à présent, l’heure est à l’observation prudente. Contacté par L’Agefi, le canadien CPPIB, qui détient 14,5% du capital selon le propre décompte du capital fourni par Orpea, se refuse «à tout commentaire à ce stade». Chez l’ex-FFP, la holding de la famille Peugeot, présent depuis plus de dix ans dans le tour de table d’Orpea, avec 5,05% du capital et une représentation au sein du conseil d’administration, on fait valoir que «Peugeot Invest sera partie prenante, en tant qu’actionnaire, des acteurs qui seront autour de la table dans le cadre de cette conciliation».
Avec cette première offensive, le calendrier sur l’avenir d’Orpea va s’accélérer avec, en ligne de mire le double rendez-vous du 15 novembre. A cette date, les créanciers retrouveront la conciliatrice Hélène Bourbouloux tandis qu’Orpea détaillera son plan de transformation à l’ensemble de la communauté financière. «Il donnera la vision du groupe dans les trois ans à venir avec, comme déjà évoqué, des cessions et des axes de développement», fait valoir un proche d’Orpea qui souligne que la conciliation «ne remet pas en cause la décision de réduire à terme l’exposition à l’immobilier» pour «se recentrer sur le soin et l’accompagnement des plus fragiles». Nul doute que ce patrimoine va susciter des marques d’intérêt croissantes.
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