Olaf Scholz renvoie son ministre des Finances et ouvre une crise politique en Allemagne
A peine Donald Trump élu, la première économie d’Europe entre dans une période d’incertitude. Le chancelier allemand a limogé, le 6 novembre, son ministre des Finances, qui est aussi le président du Parti libéral-démocrate (FDP), un des trois partis membres de la coalition au pouvoir avec les sociaux-démocrates (SPD) et les écologistes.
Les relations entre Olaf Scholz et Christian Lindner étaient notoirement tendues, les deux hommes s’opposant sur la politique économique à mettre en œuvre alors que le pays est au bord de la récession.
Le départ du président du FDP du gouvernement a entraîné celui de tous les ministres du parti libéral, actant de facto l’éclatement de la coalition qui dirigeait l’Allemagne depuis 2021.
Vers des élections anticipées
Olaf Scholz prévoit de mettre en place un vote de confiance en janvier prochain qu’il a de bonnes chances de perdre. Cela ouvrirait alors la voie à des élections législatives anticipées, qui pourraient se tenir en mars alors qu’elles étaient normalement prévues pour septembre 2025.
En Allemagne, plusieurs voix se sont toutefois élevées pour réclamer la mise en place de nouvelles élections plus rapidement. L’opposition conservatrice menée par le parti chrétien-démocrate CDU demande un vote de confiance dès la semaine prochaine. «Il n’y a pas de raison d’attendre. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’avoir un gouvernement sans majorité pendant plusieurs mois. Il faut faire vite», a estimé le président de la CDU, Friedrich Merz.
Une vision partagée par d’importants représentants de l’industrie allemande. «En ces temps difficiles, nous avons besoin d’un gouvernement fédéral orienté vers la recherche de solutions et capable de prendre des mesures. Nous ne pouvons pas nous permettre un statu quo de plusieurs mois et une impasse politique», a ainsi prévenu Wolfgang Grosse Entrup, qui représente le lobby de la pharmacie et de la chimie VCI. «De nouvelles élections doivent se tenir le plus tôt possible», a appuyé Hildegard Mueller de la puissante association de l’industrie automobile, VDA.
Les marchés peu affectés
Les marchés ont peu réagi à ces annonces qui fragilisent pourtant l’Europe dans un contexte économique compliqué et après l’élection d’un nouveau président américain dont les mesures pourraient affaiblir les perspectives de croissance de la zone euro.
Jeudi matin, le taux souverain allemand à dix ans grimpait de 2,3 points de base (pb), à 2,41%, soit peu ou prou son niveau d’avant la victoire de Donald Trump. Le rendement de l’obligation française à même échéance avançait également de 2 pb, à 3,18%, et le taux italien était stable, à 3,72%.
Sur les marchés actions, le Dax gagnait 0,6% peu après l’ouverture, le CAC 40 était stable et l’Euro Stoxx 50 grappillait 0,2%.
(Avec agences)
A lire aussi : La Fed et la BCE, indispensables balises à l’ère de Trump 2.0
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