Oddo met fin à son activité historique sur les dérivés listés
Les vents contraires en BFI forcent les acteurs de taille moyenne à des choix drastiques. Oddo & Cie vient ainsi de sortir de son activité historique de tenue de marché sur les dérivés listés, Oddo Options. La banque a annoncé la semaine dernière à ses contreparties qu’elle avait cédé le portefeuille de trading de la structure. Elle reclassera en interne la majeure partie de la vingtaine de professionnels qui y travaillent. L’information, révélée par Bloomberg, a été confirmée à L’Agefi de sources proches.
La décision a été prise en raison de la baisse continue des marges sur cette activité. Après une légère perte en 2010, Oddo Options était pourtant revenue dans le vert l’an dernier avec un résultat d’exploitation de 1,7 million pour 13 millions de produit net bancaire. La structure avait réduit ses coûts, avec un effectif moyen passé de 40 à 34 collaborateurs entre 2010 et 2011, et même à 30 en fin d’exercice.
Mais ce métier a enregistré à nouveau des pertes en 2012. La chute des marges y est jugée structurelle, et la banque n’a plus la taille critique. Oddo Options revendiquait en 2011 une part de marché de 10,1% sur les options sur actions françaises (contre 12% en 2010). Elle était également présente sur les marchés espagnol (à la fois actions et indices) et italien, où les volumes plongent, et sur les actions allemandes. Son capital social vient d’être porté de 2 à 10 millions d’euros. La cession des portefeuilles sera toutefois sans impact sur le compte de résultat, assurent les mêmes sources.
L’abandon de cette activité aussi ancienne que le marché des dérivés actions en France illustre les défis auxquels est confronté Oddo. Début octobre, Fitch a dégradé la note de la banque à la limite de la catégorie spéculative. L’agence s’interrogeait sur sa capacité à conserver une marque viable en banque de financement et d’investissement à moyen terme, compte tenu du profond changement à l’œuvre dans le secteur.
La BFI représente 40% des revenus d’Oddo & Cie. En perte en 2011, elle est «redevenue positive», indiquait hier Philippe Oddo, patron du groupe, dans un entretien à Newsmanagers. «Le groupe va bien, ajoute-t-il. Notre PNB global est en hausse de 3% et le résultat brut d’exploitation en forte progression puisque nous sommes à 28,5 millions d’euros au 30 juin 2012, contre 11,5 millions en juin 2011, tous métiers confondus».
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