Oaktree renonce à refinancer le groupe français d’emballages Ileos
Même si la dette d’entreprise a le vent en poupe, les investisseurs restent sélectifs. Le fonds Oaktree vient d’en faire l’expérience à ses dépens. Il a renoncé à refinancer à hauteur de 225 millions d’euros le groupe français Ileos (Nord Est), spécialiste de l’emballage pour les secteurs de la cosmétique et de la santé, qu’il avait racheté fin 2011 uniquement sur fonds propres à 21 Centrale Partners. Les banques, les fonds de dette et autres CLO auxquels était destinée la transaction n’ont pas répondu présent.
Lancé fin novembre 2012 et mené par Goldman Sachs, le refinancement comportait trois tranches. La principale, de 195 millions d’euros, consistait en un prêt senior B in fine à 7 ans, d’ordinaire réservé à des investisseurs non bancaires, offrant une marge de 500 points de base. Une facilité de crédit renouvelable de 15 millions d’euros, et une dette d’acquisition du même montant, toutes deux à 6 ans et proposées à 475 pb de marge, complétaient le financement. Les banques étaient invitées à se joindre à Goldman Sachs en tant que joint lead arrangers pour des tickets de 15 millions d’euros. Faute d’intérêt suffisant, les promoteurs ont préféré annuler intégralement la transaction et ne prévoient pas de la relancer dans l’immédiat à d’autres conditions.
Certains observateurs se demandent si Ileos a pâti de l’identité de son actionnaire, plus connu pour investir des «situations spéciales», c’est-à-dire des sociétés en difficulté financière. Oaktree a ainsi pris le contrôle en 2010 de SGD (ex-Saint-Gobain Desjonquères), un autre groupe d’emballage, lors d’une des restructurations de LBO les plus emblématiques de ces dernières années en France.
Ileos ne relève pourtant pas de la catégorie distressed. «La société va bien et a simplement voulu profiter d’une fenêtre de tir sur le marché des loans, confirme une source proche du dossier. Mais Ileos est peu connu des investisseurs et proposait une transaction de petite taille. Il y a eu une concurrence énorme en décembre avec plusieurs autres deals, de taille plus importante et d’émetteurs mieux connus».
Le groupe a été valorisé entre 250 et 300 millions lors de son rachat, a doublé son Ebitda entre 2007 et 2011 à 45 millions, et continue à faire de la croissance externe avec le rachat début janvier du groupe Le Papillon pour 53 millions. Il aurait affiché un levier de 3,67 fois l’Ebitda après la transaction.
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