Nyse Euronext et ICE attendent sans crainte le verdict des régulateurs
Nyse Euronext prend moins de risques. Alors que son rapprochement avec Deutsche Börse avait été bloqué par les autorités de concurrence européennes, son rachat par ICE ne devrait pas soulever d’objections majeures en Europe ou aux Etats-Unis de la part des organes antitrust.
Les deux parties veulent conclure l’opération de 8,2 milliards de dollars au second semestre 2013. D’ici là, le Department of Justice américain et les régulateurs européens des marchés d’Euronext devront certifier qu’ils n’ont pas d’objection à faire vis-à-vis de l’opération. Contrairement au projet de rapprochement entre Deutsche Börse et Nyse Euronext, la transaction d’aujourd’hui n’atteint pas les seuils qui obligerait les entreprises à demander l’aval de la Commission, selon une source proche du dossier. Bruxelles peut théoriquement demander aux autorités nationales de s’emparer du dossier de fusion.
Quoi qu’il en soit, Nyse Euronext et ICE assurent que leurs activités se recoupent très peu, sauf dans le cas de certains dérivés de matières premières agricoles (soft commodities). Les risques d’entrave à la concurrence seraient donc beaucoup moins nombreux que dans le cas de la fusion avortée de la Bourse transatlantique avec celle de Francfort.
La Commission avait alors estimé qu’elle créait un quasi-monopole sur les dérivés, car les activités des opérateurs sur les produits de taux étaient comparables. Nyse Euronext et Deutsche Börse n’avaient pas réussi à convaincre Bruxelles, que le marché des dérivés était mondial et non régional, et que les dérivés de gré à gré concurrençaient les dérivés listés. Pour remporter la mise, les Bourses avaient proposé en vain des concessions, comme la vente de certains de leurs actifs.
Preuve que les deux groupes se disent confiants dans leur capacité à convaincre les superviseurs, ICE s’est engagé à indemniser Nyse Euronext à hauteur de 750 millions de dollars dans le cas où ils échoueraient, selon les documents déposés auprès du régulateur américain, la SEC.
Les deux groupes ont aussi promis de payer 450 millions de dollars si l’un de leurs conseils n’approuvait plus l’opération. Au cas où l’une des deux parties se tournerait vers un autre partenaire, elle devrait s’acquitter d’une indemnité de 300 millions. Enfin, la facture serait limitée à 100 millions si les actionnaires faisaient échouer l’opération.
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