Nomura réalise un bénéfice surprise grâce à ses activités internationales

Les anciennes filiales de Lehman Brothers en Europe et en Asie ont permis à la banque japonaise de sortir du rouge au troisième trimestre
Antoine Landrot

Nomura peut se féliciter notamment d’avoir acquis les activités non américaines de Lehman Brothers fin 2008. Elles ont en effet permis au groupe financier japonais d’afficher un bénéfice net surprise de 17,82 milliards de yens (177 millions d’euros) au troisième trimestre de son exercice fiscal 2011-2012, lequel sera clos le 31 mars.

Le consensus Reuters anticipait une perte nette de 2,5 milliards pour Nomura, qui avait été mis sous surveillance en novembre par Moody’s en raison de pertes récurrentes en dehors du Japon. Sanctionnée par les investisseurs et sous la menace d’une dégradation de sa note par l’agence de notation, la banque japonaise avait réduit son exposition aux pays périphériques européens (GIIPS) au cours du trimestre. Moody’s devrait annoncer son verdict dans les jours qui viennent.

De fait, le redressement de Nomura est à mettre sur le compte de sa banque de financement et d’investissement (BFI), largement héritière des anciennes filiales ou succursales de Lehman Brothers. Alors qu’il recule dans ses activités de réseau, le bénéfice avant impôt de la BFI a en effet été multiplié par 3,5 par rapport au troisième trimestre 2010-2011, pour atteindre 37,8 milliards de yens (376 millions d’euros). Sa perte avant impôt atteignait 46,1 milliards au deuxième trimestre de l’exercice en cours.

Le plan de réduction des coûts de 1,2 milliard de dollars annoncé en novembre, et qui concernait au premier chef la BFI, semble donc avoir porté ses fruits. Mais ce n’est pas la seule raison.

Contrairement à ses rivales internationales, qui, pour la plupart, ont enregistré de médiocres performances de trading, Nomura a vu ses revenus bondir entre les mois d’octobre et décembre 2011, par rapport au trimestre précédent: +56% dans les taux et change, +19% dans les actions. Conséquence, la part des revenus générée par l’étranger au sein de la BFI est passée de 53% à 68%.

Nomura estime que la tendance positive devrait se poursuivre début 2012: «La situation en Europe demeure très fragile et sous observation, mais nous avons certainement bien démarré le trimestre en cours», a indiqué à Reuters Jonathan Lewis, le responsable des finances pour la BFI. Mais à l’image de la déclaration de ce dirigeant, la prudence est de mise. D’ailleurs, Nomura a enregistré 34 milliards de yens de bénéfices exceptionnels, dont la plupart sont liés à la cession de Skylark à Bain Capital.

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