Natixis solde une aventure de neuf ans au capital de Lazard
Neuf ans après avoir participé (via Ixis) à l’introduction en Bourse de Lazard, Natixis sort du capital de la banque d’affaires franco-américaine. La banque de gros de BPCE a annoncé hier soir avoir cédé ses 5,4% pour 356 millions de dollars (261 millions d’euros). Natixis a vendu ses titres sur le Nyse, où est coté Lazard. Menée par Deutsche Bank, l’opération est concomitante à l’entrée en Bourse de Coface, filiale d’assurance crédit de Natixis.
«Cette cession est en ligne avec l’axe du plan stratégique 20 14-2017 visant à allouer en priorité les ressources de Natixis vers les activités stratégiques», a déclaré la banque dans un communiqué. Celle-ci souhaite allouer davantage de fonds propres à son pôle épargne en devenant l’usine de produits d’assurance de BPCE et en consacrant 1,5 milliard d’euros de capital excédentaire à des acquisitions dans la gestion d’actifs.
Natixis a profité de la hausse du cours de Lazard qui a quasiment retrouvé son niveau du printemps 2007, après avoir doublé depuis le printemps 2012. Sa participation était seulement valorisée 144,8 millions d’euros dans ses comptes à fin 2013. «Nous n’en avions plus besoin pour poursuivre notre coopération», indique une source proche de la banque française. Son directeur général, Laurent Mignon, reste pour le moment au conseil d’administration de Lazard en tant que membre indépendant, et les deux partenaires «réaffirment leur souhait de poursuivre, sur le long terme, leur fructueuse collaboration dans le domaine des marchés de capitaux actions en France», indique le communiqué de Natixis.
Pourtant, les documents de référence 2012 et 2013 de cette dernière ne mentionnent même plus cette alliance. Nouée en 2004, elle permet aux grandes entreprises de bénéficier des conseils de Lazard et d’un accès aux marchés via Natixis, pour leurs introductions en Bourse et augmentations de capital. Ces dernières années, des discussions se sont plusieurs fois engagées pour élargir le partenariat, à l’Espagne et à l’Italie par exemple. Selon le contexte boursier, «nous verrons si notre dispositif évolue avec le temps», déclarait encore Laurent Mignon à L’Agefi en septembre 2012. 2013 a signé le rebond des marchés actions en Europe, mais cela n’a visiblement pas suffi.
Lazard n’a pas voulu commenter le retrait de Natixis, fraîchement accueilli par les marchés. Le titre de la banque franco-américaine a perdu jusqu’à 4,6% après l’annonce, sa plus forte baisse depuis avril 2011.
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