Moscou voit s’ériger à ses dépens un véritable rideau de fer économique
Si d’un point de vue politique le Kremlin continue de jouer en coulisses un jeu stratégique en Ukraine, en soutenant les séparatistes dans l’Est du pays, les retombées économiques à l’encontre de la Russie risquent de mettre à terre un pays déjà affaibli. Hier, les Etats-Unis et l’Europe ont à nouveau, de façon indépendante mais non sans concertation, musclé leur discours envers Moscou, avec des sanctions concrètes à la clé.
«La Russie s’isole à nouveau de la communauté internationale, mettant en péril des décennies de progrès», a lancé Barack Obama, qui a cru bon de préciser qu’il ne s’agissait pas ici d’une «nouvelle guerre froide».
Le président américain a dévoilé de nouvelles sanctions visant «les secteurs clés» de l'énergie, de la défense et de la finance. VTB, Bank of Moscow ou la Banque agricole russe notamment sont visées, a précisé le Trésor américain. L’ensemble des banques les plus importantes dont l'État russe est actionnaire majoritaire font ainsi désormais l’objet de sanctions, à l’exception de Sberbank. Les mesures de rétorsion interdisent particulièrement aux particuliers et aux entreprises américaines de souscrire à des augmentations de capital ou à des emprunts dont l'échéance dépasse 90 jours auprès des trois établissements bancaires. Washington vise également le constructeur naval United Shipbuilding.
Les pourparlers au sein de l’Union européenne ont en parallèle abouti à un accord concernant des sanctions d’une tonalité comparable à celles décidées outre-Atlantique. Les Vingt-huit prévoient notamment la fermeture de l’accès aux marchés de capitaux de l’Union aux banques russes publiques. La défense et les technologies dites sensibles sont également concernées. L’accord conclu entre ambassadeurs à Bruxelles doit encore être rapidement formalisé pour entrer en vigueur. Jugeant «inévitables» les nouvelles sanctions, Angela Merkel a clamé que «c’est maintenant aux dirigeants russes de décider s’ils veulent emprunter le chemin de la désescalade et de la coopération».
Le FMI s’est joint à ce concert, sa directrice générale Christine Lagarde évoquant une révision du programme de prêts de 17 milliards de dollars en faveur de l’Ukraine si le conflit dans l’Est du pays devait se prolonger.
Pour l’heure, le Kremlin nie toute implication dans la fourniture d’armement dans l’Est de l’Ukraine, où concrètement les combats font rage.
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