Moody’s attribue une perspective négative à la notation des Etats-Unis
Fitch puis Moody’s ont soufflé le chaud et le froid hier soir sur la notation de la dette américaine. Le jugement des deux agences apparaît pourtant bien prudent quant à la capacité des Etats-Unis à trôner durablement au sein de la catégorie des émetteurs souverains notés AAA, sur fond de croissance économique décevante. Surtout, Moody’s a assorti cette notation d’une perspective négative.
Fitch a été la première à se prononcer dans la foulée de la signature par Barack Obama du texte de compromis sur la dette des Etats-Unis approuvé plus tôt par le Sénat par 74 voix contre 26. L’agence a indiqué que l’accord conclu in extremis par le Congrès implique un risque «extrêmement faible» de défaut et est compatible avec une note AAA. De quoi a priori soulager les marchés, à l’affût du jugement des agences sur le sort de la dette américaine. Las, Fitch a indiqué procéder à un réexamen de cette notation, un exercice qui devrait s’achever d’ici à la fin du mois. L’agence précise d’ores et déjà que, faute de changements importants dans la politique budgétaire du pays, le volume de la dette dépassera celui du PIB d’ici à la fin 2012, ce qui n’est pas compatible avec le maintien d’une notation souveraine optimale.
L’analyste de Fitch responsable des Etats-Unis, David Riley, a qui plus est confié par la suite à Reuters que l’agence ne peut exclure d’assortir la note du pays d’une perspective négative à l’issue de l’examen en cours.
Ce pas a été franchi dès hier par Moody’s. L’agence assure pourtant que l’accord élimine le risque de défaut, ce qui lui permet de confirmer la notation AAA. Tout en indiquant avec le changement de perspective qu’une dégradation reste possible dans un délai de douze à dix-huit mois. Voire «bien avant» selon l’analyste de Moody’s, Steven Hess. Car les promesses de Washington à ce jour semblent limitées selon l’agence face aux défis futurs d’une indispensable consolidation budgétaire de plus grande ampleur.
L’accord signé à Washington n’en reste pas moins selon les deux agences un signal positif qui montre selon Fitch que le pouvoir politique américain «a la capacité et la volonté de prendre au bout du compte la bonne décision».
Manque tout de même à l’appel le jugement redouté de Standard & Poor’s, qui avait indiqué espérer un effort de réduction du déficit budgétaire de 4.000 milliards de dollars, là où l’accord en promet 2.100 milliards à terme.
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