Mitsubishi UFJ devient l’actionnaire de référence de Morgan Stanley
Les relations entre Morgan Stanley, qui publiait hier ses comptes du premier trimestre, et Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) sont passées à un stade supérieur. La banque japonaise va convertir 7,8 milliards de dollars détenus sous forme d’actions de préférence, en 385 millions d’actions ordinaires de son homologue américain. Elle devient ainsi son actionnaire de référence, en contrôlant 22,4% de son capital. Elle conservera toutefois des actions de préférence non convertibles d’une valeur faciale de 500 millions de dollars et servant un dividende de 10%. MUFG et Morgan Stanley avaient noué leur accord en 2008 à la faveur de la crise financière.
«Cette conversion renforce les fonds propres réglementaires de Morgan Stanley, aligne les intérêts [de l’ensemble de ses actionnaires] et renforce l’alliance stratégique entre les deux groupes», expliquent les établissements dans un communiqué. Ce dernier précise que le ratio common equity tier 1 (qui exclut les titres hybrides) de la banque américaine devrait ainsi progresser de 270 points de base (2,7%) pour atteindre 14,5% au 31 mars 2011. Le ratio tier 1 simple reste inchangé.
«Pour tirer avantage de cette évolution favorable, nous avons l’intention d’approfondir notre alliance et de porter nos synergies au maximum», déclare dans le communiqué Katsunori Nagayasu, le PDG de MUFG.
Pour l’instant, le partenariat entre les deux banques n’est pas couronné de succès. Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities – l’une de leurs deux sociétés communes dans le courtage au Japon créée en mai dernier et contrôlée à 60% par le partenaire japonais – a annoncé le même jour une perte de 145 milliards de yens (1,8 milliard de dollars) pour son exercice 2010-2011, clos en mars. En cause: des pertes dans des opérations de trading sur le marché obligataire. En conséquence, elle envisage de lever 30 milliards de yens (375 millions de dollars) auprès de MUFG.
Cet épisode a provoqué une perte nette non récurrente de 425 millions de dollars dans les comptes de Morgan Stanley, qui a en revanche engrangé 447 millions à travers la cession du groupe de casino Revel Entertainment. Au total, le bénéfice du groupe atteint 736 millions de dollars. Ce montant représente une chute de 48% par rapport au premier trimestre 2010. Il est toutefois supérieur aux attentes des analystes, grâce à des revenus plus soutenus que prévu dans le trading obligataire.
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Payée en numéraire, cette acquisition qui dépasse 20 milliards d’euros risque de peser sur la structure de bilan de l’équipementier électrique français. -
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Qui est Jay Clayton, le nouveau « tsar » de l’IA aux Etats-Unis ?
Nommé par Donald Trump pour piloter la Super Intelligence Force, le directeur du renseignement national hérite d'un domaine stratégique sans posséder d'expertise technique -
StratégieViolences, risques de récupération… : comment les syndicats veulent contourner les pièges du mouvement des lycéens
Face à la fronde des lycées, les organisations syndicales tentent d'encadrer la mobilisation prévue mardi à Paris, prudentes face au risque d'être accusée de faire de la récupération -
Têtes brûléesBlocage des lycées : la colère sans mode d'emploi
Après deux semaines de blocus lycéens, organisations lycéennes, étudiantes et syndicales manifestent ce mardi 6 octobre. Une tentative de structurer un mouvement jusqu'ici gazeux, souvent violent, et insaisissable pour le gouvernement