MBIA espère redémarrer le rehaussement de crédit aux Etats-Unis
L’assureur-crédit américain MBIA est resté bénéficiaire en 2010, avec 53 millions de dollars, malgré l’impact d’une provision avant taxe de 607 millions de dollars liée à la réévaluation comptable de dérivés qu’il avait garantis. Depuis 2007, le groupe soutenu par Warburg Pincus a effectué 9,1 milliards de dollars de versements -essentiellement sur différentes titrisations de portefeuilles hypothécaires et autres CDO - permettant aux investisseurs de ne pas perdre d’argent. Fin 2008, BlackRock Solutions évaluait le risque total entre 13 et 20 milliards selon les scénarios.
Le groupe, qui dit avoir passé les provisions nécessaires, espère surtout gagner le procès qui l’oppose encore à quelques banques -de moins en moins nombreuses- concernant la séparation en 2009 de son activité en deux structures. D’un côté, MBIA Corp. garantit 189 milliards de dollars de crédits structurés et de crédits «publics» hors des Etats-Unis (avec 5,2 milliards de ressources propres pour le paiement des défauts), dont les crédits européens assurés par MBIA UK (17,6 milliards de livres, avec 0,7 milliard de ressources propres). Sa notation B ne lui permet plus de rehausser de nouveaux crédits. De l’autre, National Public Finance Guarantee Corp. assure les crédits «publics» nord-américains (485 milliards de dollars, avec 5,6 milliards de ressources propres). Celui-ci pourrait voir sa notation BBB s’améliorer avec le regain de visibilité sur les marchés : «Nous avons bon espoir de reprendre une activité de rehaussement sur ce type de dettes ‘publiques’ aux Etats-Unis», confirme Iain Barbour, managing director de MBIA.
En attendant, le groupe a conservé 27 professionnels en Europe et lancé une activité de conseil auprès des institutionnels sur les financements d’infrastructures, pour lesquels très peu d’investisseurs ont des équipes spécialisées. «L’idée est de les épauler dans l’analyse crédit et la gestion de ces financements complexes», explique François-Yves Gaudeul, responsable France et Benelux. Un service utile pendant les différentes phases : de structuration, de négociation, de construction et d’exploitation : «Nous travaillons sur des mandats ‘deal’ par ‘deal’ de conseil et de délégation de gestion (pour des amendements techniques ou mineurs), avec la souplesse que cela offre par rapport à la réunion d’un comité d’obligataires en termes de prise de décision et par rapport à un fonds en termes d’investissement. »
Plus d'articles du même thème
-
L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
Le groupe mutualiste cherche actuellement un repreneur pour Sienna Gestion, mais la vente pourrait être repoussée. -
La Macif projette 1,5 milliard d'euros d'investissements durables d'ici 2029
L'assureur mutualiste se fixe un nouvel objectif d'investissements durables entre 2025 et 2029, après avoir investi en 2025 deux fois plus que sa cible annuelle initiale. -
Le fonds de pension belge OFP Prolocus lance la sélection du gestionnaire et du dépositaire de sa future Sicav
La caisse de retraite complémentaire des pouvoirs locaux flamands recherche, en une seule procédure, le gestionnaire et le dépositaire du support de placement qu'elle va créer.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme -
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause.