Mazars réforme sa gouvernance pour rester dans la course mondiale
Un an avant l’échéance de leurs mandats, les dirigeants de Mazars ont changé de casquette. Le mois dernier, lors de la conférence annuelle des associés du groupe, Patrick de Cambourg a été élu président du conseil de surveillance (qui s’ouvre à deux administrateurs indépendants) et a cédé sa place de CEO à Philippe Castagnac, PDG France. Ce dernier préside désormais le conseil de gérance, l’organe opérationnel du groupe dont il était jusqu’à présent co-DG.
Patrick de Cambourg a également pris la tête d’un comité stratégique nouvellement créé où siègent Michel Barbet-Massin, son prédécesseur au conseil de surveillance, Douglas A. Phillips, associé américain devenu vice-président du conseil de surveillance, et Philippe Castagnac.
«Nous avons créé une plate-forme de gouvernance stable pour les années à venir», déclare Patrick de Cambourg. Le comité stratégique travaillera sur les opportunités et les enjeux du marché en cette période complexe». Les cabinets d’audit subissent en effet une forte pression sur leurs honoraires et une stagnation de leur volume d’affaires dans les pays développés. Ils sont aussi dans l’expectative face au projet de réforme européenne visant à casser la domination des Big Four.
«Le marché attend un ou plusieurs nouveaux acteurs globaux d’une taille double ou triple de la nôtre aujourd’hui. Nous voulons répondre à cette attente», indique Patrick de Cambourg. Pour Mazars, qui compte 13.000 personnes, la taille est encore un défi. «Nous avons aujourd’hui 500 personnes en Chine et 600 aux Etats-Unis, deux zones où nous devons nous développer après avoir favorisé l’Europe à partir de 1995, puis les émergents hors Chine à partir de 2002», poursuit le dirigeant.
Sur l’exercice 2010-2011 clos fin août, Mazars a réalisé un chiffre d’affaires de 956,7 millions d’euros (dont 292 millions en France) en hausse de 8,2 %, ou 3 % à périmètre constant. «Dans une conjoncture délicate, notre taux de croissance organique montre la résilience de nos activités, malgré la ralentissement de cet été qui a touché l’ensemble des acteurs économiques», estime Philippe Castagnac. Au sein du conseil de gérance, qui accueille trois nouveaux DG, il veut «renforcer la concentration des ressources sur la croissance organique et la gestion opérationnelle, en surveillant la qualité et la taille des effectifs et en développant davantage la transversalité des activités».
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