Matteo Renzi bénéficie d’un a priori positif de la part des marchés
Le Secrétaire du Parti démocrate italien et maire de Florence, Matteo Renzi, a finalement obtenu le départ d’Enrico Letta de la Présidence du conseil, en poste depuis fin avril dernier seulement. Enrico Letta n’a pu hier que rendre les armes suite à un vote de défiance sans appel de la part de la direction du Parti démocrate. Par 136 voix contre 16, le parti a soutenu l’appel de Matteo Renzi pour la formation d’un nouveau gouvernement et l’accélération des réformes.
Enrico Letta a indiqué dans la foulée qu’il présentera aujourd’hui sa démission au Président Giorgio Napolitano, qui de l’avis commun devrait charger Matteo Renzi de prendre la relève.
Force est de constater que le nouvel homme fort du monde politique en Italie bénéficie d’un a priori positif de la part des marchés, qui veulent croire en sa capacité à mettre en œuvre les réformes susceptibles de sortir le pays de l’ornière. Au moins Matteo Renzi incarne-t-il encore un nouvel élan. Il a qui plus est exclu la tenue d’élections anticipées, offrant au prochain gouvernement un horizon de travail potentiellement jusqu’en 2018. Nomura juge ainsi favorable «au cours des prochains mois» ce changement de leadership, qui implique un «risque de marché limité». RBS de son côté avance que Matteo Renzi «est très apprécié, tant au niveau européen que par les marchés». De fait, alors que les luttes au sein du Parti démocrate s’étaient intensifiées depuis plusieurs semaines, le rendement des obligations italiennes à dix ans s’établissait hier en fin d’après-midi autour de 3,70%, non loin d’un plus bas depuis février 2006 atteint la veille à 3,66%.
Nul ne peut pourtant ignorer les incertitudes qui entourent la formation du prochain gouvernement qui devra assurer la relève de la large coalition menée par Enrico Letta, de la droite à la gauche de l’échiquier politique. Il n’existe pas d’alternative à ce changement selon Matteo Renzi, qui avait appelé les responsables du Parti démocrate à l’aider à «sortir l’Italie du bourbier».
Sûr de son fait, il a hier soir déjà assuré qu’il solliciterait le moment venu le soutien des partenaires de l’actuelle coalition afin de tenir le cap des réformes pendant quatre ans. L’un de ces alliés, le fondateur du Nouveau centre droit Angelino Alfano, a indiqué qu’il attendait d’étudier le programme précis mis sur la table par Matteo Renzi pour se prononcer.
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