Materis souhaite recourir au high yield pour refinancer sa dette

La société, contrôlée par Wendel, a lancé vendredi une consultation auprès de ses créanciers en vue d’aménager ses échéances
Antoine Landrot

La récession probable pousse les entreprises sous LBO (leveraged buy-out) à renégocier leur dette. Materis, contrôlé par Wendel, a lancé le 18 novembre une consultation formelle auprès de ses quelque 150 créanciers, suite à la réunion du 15 novembre avec ses principaux prêteurs (banques et fonds de CLO). Au nombre d’une quinzaine, ils concentrent plus de la moitié du montant des créances.

L’objectif du chimiste de spécialités pour le bâtiment est «d’aménager ses échéances de dette, qui s’échelonnent actuellement entre avril 2013 et 2016», indique un communiqué paru sur le site de Wendel, qui détient 76% de l’entreprise. De sources concordantes, Materis souhaiterait repousser à 2016 le début de la période d’amortissement de sa dette senior et second lien, et obtenir l’autorisation de pouvoir émettre jusqu’à 700 millions d’euros d’obligations à haut rendement (high yield) afin de refinancer une partie de la dette. Selon S&P LCD, elle proposerait une commission d’amendement de 75 pb et une hausse des marges.

C’est la deuxième fois en trois ans que Materis engage un tel processus. En juin 2009, la crise avait provoqué une première restructuration de sa dette, qui se montait à 1,41 milliard d’euros de financement bancaire senior et 280 millions de mezzanine. A l’époque, les principaux prêteurs avaient accepté de repousser de quatre ans le début de l’amortissement de leurs créances. Une dette bancaire junior second lien, ainsi qu’une ligne supplémentaire de 100 millions d’euros pour financer les acquisitions et les investissements, avaient été négociées avec un syndicat comprenant BNP Paribas et Goldman Sachs. «La restructuration de 2009 n’avait d’autre but que de garantir le financement de Materis pour les trois ans à venir, afin de conforter l’entreprise face à la conjoncture. Nous passons aujourd’hui à une deuxième phase», indique une source proche de l’entreprise.

La dette dépasse désormais 1,8 milliard d’euros, répartis entre une dette bancaire d’environ 1,5 milliard et une mezzanine d’approximativement 300 millions. L’augmentation provient notamment de l’exercice du droit de tirage sur la facilité de 100 millions négociée en 2009, ainsi que de la capitalisation des intérêts. L’entreprise veut profiter de la crédibilité gagnée auprès des créanciers (elle aurait dépassé les objectifs du plan d’affaires élaboré il y a trois ans), alors que la conjoncture économique se dégrade.

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