Materis souhaite recourir au high yield pour refinancer sa dette
La récession probable pousse les entreprises sous LBO (leveraged buy-out) à renégocier leur dette. Materis, contrôlé par Wendel, a lancé le 18 novembre une consultation formelle auprès de ses quelque 150 créanciers, suite à la réunion du 15 novembre avec ses principaux prêteurs (banques et fonds de CLO). Au nombre d’une quinzaine, ils concentrent plus de la moitié du montant des créances.
L’objectif du chimiste de spécialités pour le bâtiment est «d’aménager ses échéances de dette, qui s’échelonnent actuellement entre avril 2013 et 2016», indique un communiqué paru sur le site de Wendel, qui détient 76% de l’entreprise. De sources concordantes, Materis souhaiterait repousser à 2016 le début de la période d’amortissement de sa dette senior et second lien, et obtenir l’autorisation de pouvoir émettre jusqu’à 700 millions d’euros d’obligations à haut rendement (high yield) afin de refinancer une partie de la dette. Selon S&P LCD, elle proposerait une commission d’amendement de 75 pb et une hausse des marges.
C’est la deuxième fois en trois ans que Materis engage un tel processus. En juin 2009, la crise avait provoqué une première restructuration de sa dette, qui se montait à 1,41 milliard d’euros de financement bancaire senior et 280 millions de mezzanine. A l’époque, les principaux prêteurs avaient accepté de repousser de quatre ans le début de l’amortissement de leurs créances. Une dette bancaire junior second lien, ainsi qu’une ligne supplémentaire de 100 millions d’euros pour financer les acquisitions et les investissements, avaient été négociées avec un syndicat comprenant BNP Paribas et Goldman Sachs. «La restructuration de 2009 n’avait d’autre but que de garantir le financement de Materis pour les trois ans à venir, afin de conforter l’entreprise face à la conjoncture. Nous passons aujourd’hui à une deuxième phase», indique une source proche de l’entreprise.
La dette dépasse désormais 1,8 milliard d’euros, répartis entre une dette bancaire d’environ 1,5 milliard et une mezzanine d’approximativement 300 millions. L’augmentation provient notamment de l’exercice du droit de tirage sur la facilité de 100 millions négociée en 2009, ainsi que de la capitalisation des intérêts. L’entreprise veut profiter de la crédibilité gagnée auprès des créanciers (elle aurait dépassé les objectifs du plan d’affaires élaboré il y a trois ans), alors que la conjoncture économique se dégrade.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer