Mario Draghi envoie les taux français en terrain négatif
Le rendement des emprunts d’Etat français à dix ans est passé mardi en territoire négatif pour la première fois de son histoire dans la foulée du discours particulièrement accommodant tenu par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, lors de la conférence de Sintra au Portugal. Ce taux de référence est tombé jusqu'à -0,0043%, avant de repasser en territoire positif. Il était remonté à +0,019% vers 17h30.
Les rendements de la dette souveraine de la zone euro ont tous baissé nettement après le discours de Mario Draghi. Les rendements italiens à 10 ans ont par exemple perdu 24 points de base, à un plus bas de séance de 2,0519%. L’euro a touché un plus bas à 1,1185 face au dollar. Les marchés actions ont également bien réagi au discours du président de la BCE, pourtant peu encourageant pour les perspectives économiques que la zone euro. L’indice européen Euro Stoxx 50 a gagné 2,15%.
Le président de la BCE a déclaré que la banque centrale était prête à utiliser toute la flexibilité permise par son mandat si l’inflation ne convergeait pas vers son objectif. « De nouvelles réductions des taux directeurs et des mesures d’atténuation visant à en limiter les effets secondaires font toujours partie de nos outils », a notamment annoncé Mario Draghi.
Les effets du discours accommodant de Mario Draghi ont même fait réagir Donald Trump. Dans l’un de ses tweets matinaux, le président américain a estimé qu’une baisse des taux de la BCE donnerait un « avantage injuste » à l’Union européenne face aux Etats-Unis. « Mario Draghi vient d’annoncer que de nouvelles mesures pourraient venir stimuler l'économie (européenne), ce qui a immédiatement fait chuter l’euro par rapport au dollar, leur donnant un avantage injuste pour concurrencer les Etats-Unis », a dénoncé Donald Trump. Les Européens « le font impunément depuis des années, avec la Chine et d’autres », a-t-il ajouté.
Mario Draghi lui a répondu quelques minutes plus tard en rappelant que la BCE n’avait pas d’objectif de taux de change.
Plus d'articles du même thème
-
L’AIE anticipe des tensions durables sur le diesel
L’Agence internationale de l’énergie a alerté sur le risque de persistance des tensions sur le marché du diesel jusqu’à mi-2027, dans son dernier rapport mensuel. -
Le Nobel d’économie récompense les Américains Robert Hall et Michael Woodford
Les deux économistes sont distingués pour leurs travaux sur le rôle de la maîtrise des anticipations pour stabiliser les mouvements économiques. -
Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Les marchés monétaires sont longtemps restés plutôt calmes en zone euro, sous l’effet des achats de la Banque centrale européenne (BCE) en 2020-2022. Aujourd'hui, la volatilité sur les taux interbancaires fait ressurgir le spectre d’une instabilité financière.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- ASML manifeste les premiers symptômes des limites physiques de l'IA
- UniCredit va pouvoir prendre le contrôle de Commerzbank
Contenu de nos partenaires
-
De premiers couvre-feux « localisés » annoncés à Paris, Nice, Lyon et Lille après les violences
Après la prise de parole du Premier ministre dans l’après-midi, des couvre-feux sont instaurés dans plusieurs villes dont Paris, Nice, Lille et Lyon dès ce lundi soir -
Violences du 17 octobre : « L’ultragauche a allumé l’incendie, les jeunes des banlieues ont pris le relais »
Depuis les violences du 17 octobre, Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et Laurent Nuñez pointent la responsabilité de « groupuscules d'ultragauche ». Mais que recouvre vraiment ce terme ? -
« Une convergence entre l‘extrême gauche et les racailles »: Bruno Retailleau fait le lien entre l’immigration et les violences du 17 octobre
« Il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qui s’est passé dimanche. Oui, je le dis et je l’affirme », a martelé lundi Bruno Retailleau lors d’une conférence de presse sur le thème « rétablir l’ordre », convoquée au lendemain d’un week-end de violences urbaines. « Ce qui s’est passé hier, c’est une convergence entre l‘extrême gauche et les racailles, les délinquants venant de banlieue », a-t-il ajouté, en assurant se baser sur « les remontées d’interpellations ».