Margrethe Vestager ne renonce pas à une taxe numérique européenne
La prochaine Commission européenne (CE) aura fort à faire pour convaincre l’ensemble des Etats membres de l’utilité d’une taxe numérique. Lors d’une rencontre avec la presse parisienne hier, la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, a estimé qu’il était important «que tous les Etats membres qui le souhaitent prennent des initiatives en la matière», mais qu’il faudrait par la suite «harmoniser ces actions à l’échelle européenne voire mondiale par l’intermédiaire de l’OCDE». Au cours d’une réunion des ministres des finances de l’Union européenne (UE) tenue à Bucarest le week-end dernier, la Suède, la Finlande, l’Irlande et le Danemark ont bloqué un projet de proposition fiscale applicable à l’ensemble des pays de la région. «La France montre la voie», a néanmoins salué Margrethe Vestager, alors que l’Assemblée nationale examine cette semaine le projet de loi qui prévoit une taxe de 3% sur le chiffre d’affaires numérique réalisé dans l’Hexagone. Ce texte cible une trentaine de sociétés dont le chiffre d’affaires numérique global dépasse 750 millions d’euros et 25 millions d’euros sur le territoire français.
Par ailleurs, en remettant en question les champs concurrentiels traditionnels, l’irruption du numérique dans l’ensemble des secteurs d’activité, y compris dans l’agriculture, «devra être prise en compte par la CE dans son évaluation des fusions en s’appuyant sur les règles existantes, a souligné la commissaire, ajoutant qu’une concurrence équitable à l’intérieur de l’UE «doit être compatible» avec l’existence de pratiques similaires au niveau mondial. Elle a relevé que les groupes chinois tiraient parti d’un vaste marché intérieur et de règles différentes en matière de financement public.
Revenant sur la controverse ayant opposé Bruxelles à la France et à l’Allemagne à propos du rapprochement entre Alstom et Siemens, Margrethe Vestager a expliqué que le veto de la CE, pris après avoir entendu l’ensemble des parties prenantes, a été motivé par «le risque d’une baisse de l’innovation, d’une hausse des prix et d’une moindre concurrence sur deux segments du marché ferroviaire européen où aucun acteur chinois n’est actuellement présent, celui des trains à grande vitesse et de la signalisation des principales lignes de chemin de fer». Aucune solution alternative n’a pu être trouvée pour faire disparaître les craintes de l’antitrust européen concernant ces deux segments de marché.
Plus d'articles du même thème
-
Les finances publiques sont au bord de l’étouffement
La Cour des comptes lance un ultimatum au gouvernement : ou des mesures rectifiant la trajectoire de la dette publique sont prises maintenant, ou la France va étouffer sous le poids des intérêts à payer, qui pèsent pour la moitié du déficit budgétaire. -
Déclaration de TVA : quand l’IA déclare, qui assume l’erreur ?
La machine peut traiter le volume, accélérer les rapprochements, sécuriser certains contrôles de cohérence. Mais la qualification fiscale reste un acte juridique. Et cet acte engage toujours l'entreprise. -
Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel de la loi contre les fraudes fiscales et sociales
Le gouvernement espère récupérer 1,5 milliard d’euros de l’ensemble des mesures, qui concernent également la lutte contre la fraude sociale.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsQuand les entreprises entrent dans le débat public
Face au désert intellectuel et aux menaces politiques, les entreprises se résolvent à intervenir pour promouvoir un discours sur une compétitivité retrouvée et, dès lors, sur une action publique probablement plus restreinte -
Affaire Lyhanna : la femme de Jérôme Barella a dénoncé un viol conjugal pendant son audition
Auditionnée dans le cadre d’investigations à la suite de plaintes pour viols sur mineures visant Jérôme Barella, sa femme a dénoncé des faits de viol commis par son mari -
Canicule : malgré la baisse de la chaleur, les effets sanitaires « restent devant nous », prévient l'exécutif
Dans les hôpitaux, « un plateau haut va s’installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées) », constatent les services du Premier ministre, samedi 27 juin. On compte 37 départements en vigilance rouge canicule ce jour, soit moins qu’hier