L’ouverture du procès Galleon à New York met Wall Street sous haute tension
Selon la presse américaine, ce procès sera historique. « Ce n’est pas seulement le plus important procès pour délit d’inités des 25 dernières années, c’est aussi le procès le plus important de toute l’histoire des hedges funds » confirme Jacob Frenkel, ancien enquêteur de la SEC et actuellement avocat au cabinet Shulman Rogers Gandal Pordy & Ecker. De fait, le procès qui démarre aujourd’hui à New York ne devrait pas seulement déboucher sur d'éventuelles sanctions pour les 26 personnes accusées de transactions boursières illégales à partir d’informations confidentielles non publiques.
Le tribunal de Manhattan devrait en effet se transformer en champs de bataille juridique afin de redéfinir précisément les termes, toujours un peu flous dans la jurisprudence, de « délit d’initiés » et d’« information confidentielle ». Enfin, les jurés devraient se prononcer sur la légalité des écoutes téléphoniques réalisées pour piéger les accusés, ce que les autorités n’avaient jamais fait auparavant dans le cadre d’une affaire financière.
Pendant les deux mois du procès, les projecteurs seront braqués sur Raj Rajaratnam, fondateur du fonds Galleon. A titre personnel, il doit répondre de 14 chefs d’accusation pour avoir orchestré des opérations illégales sur 35 valeurs parmi lesquelles figurent IBM, AMD ou Goldman Sachs, et qui lui auraient rapporté 45 millions de dollars. Véritable légende de Wall Street, Raj Rajaratnam est né au Sri Lanka il y a 53 ans. En moins de vingt ans, il avait fait de Galleon l’un des hedges funds les plus plus réputés avec plus de 7 milliards de dollars d’actifs au pic de son succès. En 2009, sa fortune personnelle était de 1,3 milliard de dollars, ce qui le plaçait au 236ème rang des hommes les plus riches des États-Unis.
Comme c’est souvent le cas dans les scandales financiers aux États-Unis, dix-neuf des accusés ont déjà plaidé coupable afin de négocier leurs sanctions et éviter trop de publicité autour de leurs noms. Pour sa part, même si certains des accusés ont aussi accepté de témoigner contre lui, Raj Rajatnam réfute totalement l’acusation de délit d’initié. Sa ligne de défense sera simple : il ignorait que les informations collectées étaient confidentielles. Décidé à laver son honneur, il a déjà investi 20 millions de dollars en frais d’avocats pour contrer les accusations de la SEC, ceci avant même le début du procès.
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