L’or conclut son meilleur trimestre en trois décennies
Les cours de l’or ont connu un début de l’année faste. Le métal précieux est passé de 1.061 dollars l’once au 1er janvier à 1.232 dollars (995 euros) au 31 mars, soit une hausse de 16,1%. Une telle performance n’avait pas été enregistrée depuis 1986, d’après les données fournies par Bloomberg. Parmi les facteurs de soutien, les incertitudes sur la croissance économique mondiale, la faiblesse du dollar mais aussi la diffusion de la politique des taux négatifs. «Personne n’a rien vu venir, les prévisions du début d’année sont devenues obsolètes en quelques semaines», reconnait Ross Norman, président du négociant en or Sharps Pixley. Quant aux projections pour les prochains mois, les avis divergent.
Du côté des sceptiques, la Société Générale ne considère pas la hausse actuelle soutenable et prédit une moyenne à 1.075 dollars l’once au quatrième trimestre. Jeffrey Christian de CPM voit quant à lui l’once à 1.130 dollars d’ici septembre. Goldman Sachs est encore plus pessimiste et projette une once à 1.100 dollars à court terme. Sylvain Berthelet, analyste gérant chez SMA Gestion, explique notamment qu’aux prix actuels, «le marché physique est plutôt fournisseur, ce qui peut peser sur les prix. Un tassement des prix peut être attendu à court terme».
Bond des encours en or des ETF
«Les facteurs les plus porteurs ont déjà été intégrés aux cours, ce qui s’est vu dans le bond des encours en or des ETF», continue-t-il. De fait, les encours en or des ETF ont augmenté à chaque session de l’année sauf huit, augmentant de 21% sur le trimestre, une performance qui ne s’était pas vue depuis mars 2009, selon Bloomberg.
Pour les optimistes, les économistes de Metals Focus prédisent une poursuite de la tendance haussière jusqu’à 1.350 dollars l’once. De même, le World Gold Council, qui calcule que les taux d’intérêts réels négatifs doublent historiquement les rendements de long terme de l’or, considère que «la politique de taux d’intérêts négatifs pourrait résulter en une hausse structurelle de la demande d’or de la part des banques centrales et des investisseurs». Munich Re a déjà indiqué ce mois-ci conserver plus de 10 millions d’euros d’or et d’argent liquide dans ses coffres pour contrer les effets des taux négatifs.
Une possibilité envisagée par Sylvain Berthelet, pour qui «des taux bas offrent un éclairage favorable à l’or à moyen terme», même s’il considère que «l’or a déjà fait un beau parcours».
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