L’optimisme de la Fed pèse sur les marchés
Une confiance accrue dans les perspectives de croissance de l’économie et dans la capacité de l’inflation à atteindre la cible des 2% a renforcé la conviction des responsables de la Fed «qu’une trajectoire ascendante du taux des fonds fédéraux soit appropriée», montre le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale, publié hier.
Si les membres de la Fed se sont encore montrés prudents sur les perspectives d’inflation, les marchés ont interprété ces minutes comme un signe avant-coureur d’une accélération des hausses de taux. Les principaux indices boursiers américains ont terminé en baisse après avoir passé la plus grande partie de la journée dans le vert, alors que le dollar accentuait ses gains. Sur les marchés de taux, les Treasuries ont vu leurs rendements monter, l’échéance à dix ans terminant la journée à 2,95%, au plus haut depuis 2014.
«Une majorité des participants a estimé que des perspectives économiques plus robustes renforçaient la pertinence d’un resserrement supplémentaire de la politique monétaire», montre le compte-rendu. Les avis restaient cependant mitigés sur l’inflation au sein du comité de politique monétaire, «quelques-uns» craignant une surchauffe de l’économie, tandis que d’autres voyaient encore «un risque appréciable» que l’inflation continue à décevoir. Les mêmes divisions sont perceptibles sur la vision du marché du travail et des hausses de salaires, certains s’inquiétant de la faible productivité qui pourrait freiner la remontée des salaires, quand d’autres mettent en avant le faible taux de chômage, qui devrait «probablement se traduire par une accélération des hausses de salaires».
La réunion de la Fed ayant eu lieu les 30 et 31 janvier, elle précède à la fois la publication début février du rapport sur l’emploi montrant une accélération du rythme de hausse des salaires et celle la semaine passée d’un indice des prix à la consommation en janvier supérieur aux attentes. La réunion a par ailleurs eu lieu avant l’accord budgétaire qui a ouvert la voie à une hausse plus rapide du déficit, qui pourrait selon certains économistes pousser la Fed à relever plus rapidement ses taux. L’audition devant le Congrès, mercredi prochain, du nouveau président de la Fed, Jerome Powell, marquera une première occasion de jauger l’impact de ces dernières données sur la trajectoire de la politique monétaire américaine.
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