L’Opep+ ouvre les vannes du pétrole
Les pays de l’Opep+ ont convenu lors d’une réunion qui s’est tenue jeudi par visioconférence d’augmenter leur production de pétrole brut de 650.000 barils par jour aux mois de juillet et d’août. Cette hausse est supérieure à celle de 430.000 barils par jour appliquée chaque mois depuis que ces pays ont recommencé à augmenter leur production après l’avoir drastiquement baissée en 2020. L’Opep+ précise toutefois que la hausse des deux prochains mois correspond à une anticipation de celle qui était prévue en septembre.
Au total, les pays de l’Opep+ se sont engagé à produire 43,2 millions de barils par jour aux mois de juillet contre 42,56 millions de barils par jour au mois de juin. Au mois d’août, la production devrait atteindre 43,85 millions de barils par jour, sauf nouvelles décisions lors de la prochaine réunion du cartel. «La réunion a pris note de la réouverture la plus récente des confinements dans les principaux centres économiques mondiaux. Il a en outre noté que l’apport global des raffineries devrait augmenter », a déclaré l’Opep+ dans un communiqué. L’organisation a aussi souligné l’importance de marchés «stables et équilibrés» tant pour le pétrole brut que pour les produits raffinés.
Déception
Alors que cette hausse de la production aurait dû confirmer la tendance baissière observée depuis mercredi dans l’attente de cette décision, le prix du baril de Brent a immédiatement rebondi de plus de 4% jeudi après-midi, à 117 dollars.
Plusieurs raisons expliquent ce mouvement. En premier lieu, les opérateurs de marchés espéraient que la hausse de la production serait plus forte et pourrait contrebalancer les sanctions occidentales sur le pétrole russe. Voire que la Russie serait exclue du système de quotas de l’Opep. L’accord de jeudi «est un ajustement assez mineur», a déclaré Bill Farren-Price, directeur chez Enverus Intelligence Research cité par Bloomberg. Par ailleurs, contrairement à ce qui était espéré, l’augmentation de la production est répartie entre tous les pays de l’organisation, y compris ceux qui ne sont pas en mesure d’augmenter leur production, comme l’Angola, le Nigeria ou… la Russie. Les pays qui disposent de la capacité de proposer rapidement des volumes supplémentaires, comme l’Arabie Saoudite ou les Emirats arabes unis s’en tiennent à leur part du quota.
Plus d'articles du même thème
-
L’aval pétrolier et gazier tient sa revanche outre-Atlantique
Les résultats trimestriels record publiés par Exxon Mobil et Chevron ont surtout été tirés par le dynamisme du raffinage. -
BP poursuivra la réduction de ses passifs financiers
Le bénéfice trimestriel record du groupe d’hydrocarbures britannique est principalement dû à ses activités de raffinage et de trading. -
Les enjeux politiques des «midterms» occultent les défis économiques
Les élections de mi-mandat qui se tiendront mardi 3 novembre aux Etats-Unis pourraient acter un basculement du Congrès du côté démocrate. De quoi garantir d’âpres bras de fer budgétaires face à Donald Trump, mais sans changer vraiment la trajectoire de l’économie ni résoudre les problèmes des Américains.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3 -
EditorialLFI, le mensonge au quotidien
Les émules de Donald Trump ne sont pas toujours ceux que l’on croit