Londres réduit nettement sa prévision d’appel au marché
La résistance de l’économie britannique post-référendum sur le Brexit a donné hier quelques motifs de satisfaction au Chancelier de l’Echiquier. Pour son premier et dernier budget de printemps, Philip Hammond a ainsi annoncé, sur la base des prévisions du cabinet économique indépendant OBR, une révision à la hausse de la croissance pour cette année de 1,4 à 2%. En revanche, les prévisions pour 2018 - 2020 ont été revues à la baisse : la croissance est attendue à 1,6% en 2018, puis à 1,7% en 2019 et à 1,9% l’année suivante. La projection pour 2021 reste inchangée à 2%.
L’amélioration de l’économie sur le court terme permet néanmoins au pays d’emprunter moins que prévu. Pour l’exercice 2016-2017, le Royaume-Uni prévoit ainsi un déficit de 51,7 milliards de livres, soit 16 milliards de moins qu’anticipé. C’est aussi cette année que le Royaume-Uni devrait faire passer son déficit public sous la barre des 3%.
Le niveau le plus bas depuis 2007
Sur fond d’amélioration provisoire de l’économie, les émissions d’obligations du Royaume-Uni (Gilts) ont donc été révisées à la baisse. Pour l’année fiscale 2017-2018, démarrant en avril, l’Agence de gestion de la dette (Debt Management Office, DMO) annonce ainsi des émissions à hauteur de 115,1 milliards de livres, comparé à 146,5 milliards de livres en 2016-2017. Soit le niveau le plus bas depuis 2007.
En dépit de chiffres meilleurs qu’attendu, le chancelier de l’Echiquier a préféré jouer la carte de la prudence budgétaire en ne dévoilant que très peu de mesures, «aucune d’entre elles n’atteignant 0,1% du PIB», selon une note de Citi. «Supporter du maintien du Royaume-Uni dans l’UE, Philip Hammond reste sceptique au sujet de la résistance économique et veut garder ses 26 milliards de livres de trésor de guerre pour soutenir l’économie si l’incertitude autour du Brexit cause un ralentissement économique», estime la banque.
Du coté des dépenses, le Trésor a annoncé un investissement supplémentaire à hauteur de 2 milliards de livres au cours des trois prochaines années dans le système britannique de santé et de soins. Du coté des recettes, les quelques 2,5 millions de travailleurs indépendants outre-Manche seront davantage mis à contribution : pour cette catégorie, l’augmentation du taux des cotisations sociales à hauteur de 2% devrait permettait au gouvernement de lever 2 milliards d’ici à 2022.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
«Pour assister à un krach sur le crédit, il faudrait un recours bien plus important au levier»
Julien Houdain, responsable de la gestion obligataire chez Schroders.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Le pétrole repart à la hausse après le regain de tensions au Moyen-Orient
- Aria annonce une levée de fonds complémentaire de 7 millions d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.