L’Irlande et les coûts de financement assombrissent l’avenir de Lloyds

La banque a enregistré une perte nette de 2,3 milliards de livres mais la provision exceptionnelle de 3,2 milliards n’explique pas tout
Florent Le Quintrec

Contrairement à ses concurrentes HSBC et Barclays qui ont affiché des résultats en baisse mais toujours positifs, la banque Lloyds a annoncé jeudi une lourde perte au premier semestre, immédiatement sanctionnée en Bourse. En part du groupe, elle s’élève à 2,31 milliards de livres (2,7 milliards d’euros) contre un bénéfice de 596 millions un an plus tôt.

Si ce résultat négatif s’explique essentiellement par une provision exceptionnelle de 3,2 milliards de livres destinée à dédommager des clients ayant surpayé leur police d’assurance, le montant des provisions pour créances douteuses enregistrées en Irlande a de quoi inquiéter davantage. Lloyds a dû déprécier près de 1,8 milliard de livres sur les crédits détenus dans son portefeuille irlandais. La banque a souligné qu’il existait un risque d’une poursuite de la dégradation de la situation dans le pays. Le montant total des dépréciations passées par le groupe s’inscrit en baisse de 17% sur un an, à 5,4 milliards mais reste malgré tout plus élevé que prévu.

La banque, dont l’Etat britannique détient 41% du capital depuis la crise financière, a également vu sa marge nette d’intérêts reculer à 2,07% contre 2,12% au cours de la même période de 2010. Ce recul s’explique, selon Lloyds, par des coûts de financement toujours élevés sur les marchés, le remboursement des aides de l’Etat et de la banque centrale ainsi qu’une concurrence accrue sur le marché des dépôts.

«Reste à savoir s’ils ont la capacité de répercuter la hausse des coûts de financement sur les clients dans un environnement actuellement concurrentiel», soulève un analyste de Banco Espirito Santo, cité par Bloomberg.

Afin d’améliorer la rentabilité du groupe, son tout nouveau directeur général Antonio Horta-Osorio avait annoncé en juin la suppression 15.000 postes d’ici à 2014 afin de réduire les coûts à hauteur de 1,5 milliard de livres.

Par ailleurs, Lloyds doit encore céder 632 agences en échange de l’aide apportée par les autorités britanniques pendant la crise. Le Sunday Times avait avancé fin juillet que le groupe avait déjà reçu deux offres et Reuters évoque pour sa part six candidats. Antonio Horta-Osorio a indiqué hier qu’il espérait trouver un acquéreur d’ici à la fin de l’année et que la banque lui permettrait de reprendre une part plus faible de crédits immobiliers pour faciliter la transaction.

Le titre Lloyds a plongé de 10,2% jeudi à Londres, portant son recul depuis janvier à 46,7%.

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