L’intérêt pour les indices ne se dément pas
L’activité d’indices de Barclays suscite un intérêt croissant chez ses concurrents. Depuis le mois de mars et les premières rumeurs de la volonté de la banque britannique de céder Index Portfolio and Risk Solutions (IPRS), le lancement concret du processus début juin et le dépôt des premières offres dans les semaines qui ont suivi, la liste des candidats s’est accrue –et la valeur de la filiale également.
Selon Bloomberg News, ils sont désormais trois à postuler: Nasdaq OMX, Bloomberg (la maison mère de l’agence de presse) et CME Group. Pour l’instant, seul Nasdaq OMX a admis avoir remis une offre à Barclays. L’établissement britannique n’a pas fait de commentaire.
En quelques mois, la valeur estimée d’IPRS a flambé, signe de l’appétit des acteurs du secteur pour la croissance externe. Les premières estimations valorisaient l’actif entre 400 et 500 millions de dollars. Mais les due diligences du mois de juin auraient révélé que l’activité, qui comprend 98 indices, générait des revenus bien supérieurs à ce qui était anticipé; les candidats pourraient la valoriser près d’un milliard de dollars, soit huit fois son chiffre d’affaires, une valorisation en ligne avec les standards du secteur. Une inflation qui pourrait également être liée à la vente par l’assureur américain Northwestern Mutuel du gestionnaire d’actifs et producteur d’indices Russell Investments au London Stock Exchange (LSE) pour 2,7 milliards de dollars en juin dernier.
A un opérateur de marché, IPRS offrirait une source de revenus supplémentaires liée à la commercialisation d’informations, alors que leur activité traditionnelle est sous pression. A un fournisseur d’indices, il permettrait de se diversifier dans les indices de taux, domaine dans lequel IPRS fait partie des leaders et qui recèle un important potentiel. Aujourd’hui, les fonds indiciels (ETF) de taux ne représentent que 0,3% des actifs du marché obligataire, contre 2,2% pour les ETF actions. Le gestionnaire BlackRock anticipe que le marché des ETF de taux passe de 389 milliards de dollars à 2.000 milliards en 2022.
C’est la raison pour laquelle le processus de concentration du secteur ne faiblit pas, comme l’atteste l’appel d’offres autour d’IPRS et la vente de Russel Investments: en avril, Bloomberg a acquis le portefeuille d’indices australiens d’UBS, tandis que les indices obligataires de MTS ont été repris par la société commune crée par FTSE (filiale du LSE) et le canadien TMX.
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