L’industrie américaine des futures cherche à mieux protéger ses clients
L’industrie américaine des contrats à terme (futures) réfléchit à mettre en place une structure de garantie des comptes clients en cas de faillite d’une société de courtage. L’idée d’une telle protection, déjà envisagée dans les années 1980 mais sans aboutir, a été remise au goût du jour dans le but de rassurer les investisseurs après la débâcle de MF Global fin octobre. En plus des pertes enregistrées dans ses activités pour compte propre, le courtier américain très actif sur le marché des futures aurait fait disparaître 1,2 milliard de dollars appartenant à ses clients, d’après l’administrateur judiciaire en charge de sa faillite.
La National Futures Association (NFA) a entamé des discussions avec la maison mère du marché à terme américain, le Chicago Mercantile Exchange (CME), et des spécialistes du secteur sur la manière de protéger les fonds des clients, a indiqué à Reuters Dan Driscoll, le directeur général de la NFA.
Deux solutions sont sur la table: un système d’assurance garanti par l’Etat sur le même modèle que la Securities Investors Protection Corporation (SIPC) ou bien une assurance apportée par le secteur lui-même. Créé en 1970, la SIPC peut rembourser les titres d’un client dans la limite de 500.000 dollars en cas de défaut de son courtier. Mais les contrats à terme ne sont pas couverts par cette assurance.
«Dans le passé, une des raisons qui ont fait qu’il n’y a pas eu de SIPC est qu’aucune société d’investissement (sur futures) n’avait fait faillite et perdu les fonds de clients. Maintenant c’est le cas. C’est une somme importante, et cela a un réel impact sur la confiance des clients», explique Dan Driscoll.
Le débat achopperait toutefois sur la manière de financer cette assurance qui, quel que soit le modèle retenu, pourrait augmenter le coût des activités de trading et serait répercutée sur les clients. Après l’affaire Madoff en 2008, la SIPC en vigueur avait réévalué la contribution des courtiers au fonds, la faisant passer de 150 dollars par société chaque année à 0,25% de leurs revenus opérationnels annuels, ce qui a coûté des centaines de milliers de dollars aux plus grands groupes.
La création d’un tel système dédié au marché des futures serait un désaveu pour les acteurs du secteur qui ont toujours revendiqué une plus grande sécurité pour leurs clients et des risques plus faibles sur leur marché. Le CME n’a pas souhaité faire de commentaire sur son éventuel soutien à un fonds de garantie.
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