L’Inde reste optimiste dans le domaine des fusions et acquisitions
Nous nous attendons à ce que l’activité de fusions-acquisitions continue à se situer à de bons niveaux en 2009»: la branche indienne de la firme d’audit Grant Thornton affiche un optimisme certain en ce début d’année marqué par la crise mondiale. Selon son associé CG Srividya, l’accent ne sera cependant plus mis, en 2009, sur les grosses acquisitions transfrontalières de croissance qui ont marqué les années précédentes.
En 2008 avaient eu lieu des opérations aussi considérables que le rachat des laboratoires pharmaceutiques Ranbaxy par le japonais Daiichi pour 4,5 milliards de dollars, dans le sens étranger-Inde, ou ceux de Jaguar et Land Rover par Tata Motors pour 2,3 milliards de dollars, en sens inverse. Selon la firme d’experts-comptables, de telles opérations se heurteraient à un gros problème de financement cette année, en raison de la crise générale du crédit.
En revanche, Grant Thornton voit plusieurs autres types d’opérations susceptibles d’engendrer un niveau soutenu de fusions-acquisitions en Inde. Par exemple, «les actifs en détresse vont offrir des opportunités aux acheteurs potentiels dans tous les secteurs d’activité», estime CG Srividya. Ensuite, un certain nombre d’institutions financières occidentales, désireuses de se recentrer, vont chercher à vendre leurs filiales indiennes d’outsourcing. C’est ce qui s’est passé en fin d’année dernière, quand Citigroup a vendu sa filiale à Tata Consulting Services.
Enfin, 2009 pourrait aussi être l’année des placements privés. Jusqu’ici, les propriétaires des entreprises indiennes de taille moyenne «craignaient de diluer leur participation en faveur d’investisseurs privés», souligne la firme. Mais le «considérable ralentissement des flux de capitaux en provenance des banques et des introductions en Bourse» pourrait bien amener les actionnaires de ces entreprises à réviser leur position…
Globalement, selon les calculs de Grant Thornton, le total des opérations financières effectuées en Inde en 2008 (fusions-acquisitions et investissements privés) s’est élevé à 41,5 milliards de dollars. Nettement moins qu’en 2007 (70,1 milliards), mais encore beaucoup plus qu’en 2006 (28,2 milliards). En ce qui concerne les introductions en Bourse, 4,5 milliards de dollars ont été levés, après 9,9 milliards en 2007 et 5,9 milliards en 2006.
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